‹ Le Christianisme et ses origines (volume 3)Chapitre 45 sur 107 · Voir le verset 1 et Matlh., xi · texte numérisé non relu

Voir le verset 1 et Matlh., xi

aussi domptée : « Que voulez-vous? Que j'aille à vous avec la verge? » (I Co7\, iv, 21.) Et ailleurs (II, x, 6) : « J'ai en main de quoi faire justice de toute désobéissance, quand votre obéissance à vous sera complète. » C'est-à-dire qu'une fois assuré de la majorité, il saura bien réduire les dissidents. « Je l'ai annoncé, quand j'étais avec vous pour la seconde fois, et aujourd'hui, de là où je suis, je l'annonce encore, à ceux qui ont péché jusqu'ici, et aussi aux autres (c'est-à-dire à ceux qui seraient lenlés de les imiter) : quand je serai revenu, je ne pardonnerai pas. » (xui, 2.) Mais quelle solennité redoutable dans la manière dont il prononce par lettre, au nom de l'église de Corinthe, la condamnation, et, comme je l'ai déjà appelée, l'excommunication de l'homme qui y avait donné un grand scandale ! « Pour moi, absent de corps, mais présent par l'esprit, c'est fait, j'ai condamné comme si j'étais là celui qui a commis le crime. Au nom de Notre-Seigneur Jésus, vous tous assemblés, et mon esprit à moi étant avec vous, en l'autorité du Seigneur Jésus, que cet hommelà soit abandonné à Satanaspour la perte de sa chair, afin que son esprit soit sauvé au jour du Seigneur. » (I Cor., V, 3.) On sent qu'il est sûr de l'effet de sa parole et de la terreur qu'elle va causer. Un passage de la Lettre suivante, qui paraît se rapporter au même fait (u, 5), nous montre le coupable soumis et repentant, et Paul n'ayant plus qu'à pardonner et à consoler.

Dans les luttes politiques, — et celles que soutenait Paul étaient de celles-là, puisqu'on lui disputait la

conduite et le gouvernement de ses églises, — il faut combattre contre les hommes aussi bien que contre les doctrines, et on ne peut se défendre sans attaquer. Paul s'y entend très bien ; il ne se laisse nullement effrayer par les archi-apôtres, comme on a vu qu'il les nomme (Il Cor., xi, 2; xn, 11) ; il sait très bien leur dire qu'ils frelatent la parole de Dieu (II, n, 17) ; qu'ils sont de faux apôtres, des ministres de Satanas qui se métamorphosent en ministres de la justice, comme Satanas lui-même se métamorphose en ange de lumière (II, XI, 13-Io). Il se moque des lettres de recommandation qu'ils donnaient à leurs agents, et qui mettaient tout en émoi dans une église. On disait : « Un tel est venu, avec une lettre du frère du Seigneur» (G«/., II, 12 et II Cor,, ii, 1); mais Paul, se tournant vers ses fidèles : « Votre lettre, c'est vous ; elle est écrite dans vos cœurs, pour être reconnue et lue par tous les hommes ^ Vous êtes la lettre du Christ, préparée par nous, écrite non avec de l'encre, mais avec l'esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur les tables de chair de votre cœur. » Il leur dit qu'ils sont des Juifs, ou du moins qu'ils s'attellent avec les Juifs à la même voiture, par un de ces « attelages inégaux » que la Loi interdisait. {Dent., xiu, 10.) « Quel accord entre Christ et BéUal, entre le croyant et celui qui ne croit pas? » (Il Cor., vi, 14.)

Le passage le plus curieux de cette polémique personnelle est celui où il se débat contre le reproche

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