Par les Romains
3. Il ne s'agit pas évidemment de la lapidation légale, qui n'aurait fini que par sa mort, mais d'une émeute et d'une exécution populaire ; la foule lui a jelé des pierres, puis a lâché prise. [Act., xiv, -18.)
été, mitiistre de Christ] par de fréquents voyages, par les dangers sur les fleuves, dangers du fait des brigands, dangers de la part des miens, dangers de la part des gentils, dangers dans la ville, dangers dans la solitude, dangers dans la mer, dangers parmi les faux frères, dans la fatigue et la peine, dans l'insomnie souvent, dans la faim et la soif, dans les jei^mes souvent, dans le froid et le manque d'habits (ou de couvertures). Sans parler de ce qui est de dehors, il y a mon effort de tous les jours, ma préoccupation pour toutes les églises. Qui est-ce qui faiblit sans que je faiblisse ? Qui est-ce qui fléchit sans que j'aie la fièvre? S'il s'agit de se glorifier, c'est dans mes faiblesses que je me glorifierai. Dieu, qui est le père du Seigneur Jésus, qui est béni dans tous les siècles, le sait bien, que je ne mens pas. ^) (II Cor., xi, 23-31.) Nous aimerions mieux peut-être qu'il n'eût pas cru avoir besoin de ce serment ; il échappe à sa conscience^ soulevée par l'injustice. Mais quel portrait ! quel idéal à la fois et quelle réalité I Et comment l'homme qui agissait, qui sentait, qui parlait ainsi, n'aurait-il pas enlevé les âmes !
Ailleurs, il se compare à l'athlète qui se soumet à tout ce qu'il y a de plus dur, pour gagner « une couronne périssable ». a Et moi aussi, je meurtris mon corps et le réduis, de peur qu'après avoir proclamé la victoire, je ne demeure moi-même sans honneur. » (I Cor., IX, 27.)
Il dit encore : « Je meurs tous les jours (I Cor., w, 31); » mais il semble que c'est à Éphèse qu'il a
subi sa plus rude épreuve ; il dit qu'il a été là livré aux bêtes. Il s'agit sans doute de la terrible émeute dont parlent les Actes (xix, 23), où le fanatisme se décbaina au nom de la déesse d'Éphèse, la grande et sauvage Artémis. L'idée d'une foule ennemie et hurlante nous effraye déjà et nous dégoûte; mais, quand cette foule est un peuple entier, emplissant de sa fureur un Ibéâlre immense, où ses hurlements peuvent tuer, cela ressemble bien à une arène pleine de bêtes féroces, image que nous nous représentons seulement par la pensée, mais qui était familière chez les anciens et qu'on avait si souvent sous les yeux. Ce souvenir le poursuit, et il y revient dans une autre épîlre (II, I, 8-10} : « Je ne veux pas que vous ignoriez, frères, la tribulation qui m'est survenue en Asie, qui m'a accablé à Texcès et au-dessus de mes forces, au point que je désespérais de vivre, et qu'en moi-même j'avais prononcé l'arrêt de ma mort. C'était pour m'apprendre à ne pas mettre ma confiance en moi, mais dans le Dieu qui fait relever les morts, qui m'a préservé (l'une épreuve si mortelle, qui continue de me préserver et en qui j'espère être préservé encore à l'avenir. »
El il a résumé en un verset toute cette existence et la grande espérance qui la soutient : « Je vais portant partout en mon corps l'état de mort de Jésus, afin qu'aussi la vie de Jésus éclate un jour en mon corps. » (II, IV, 10.)
On voit que Paul, comme il est naturel d'un homme de combat, est amené à se glorifier par le besoi de
se défendre, et cela est vrai, je le crois, jusque dans les moindres détails.
S'il se vante de parler en glosses mieux que personne, c'est pour n'être pas suspect quand il condamne l'abus des glosses. S'il crie si haut qu'il vit absolument chaste (I Co7\^ vu, 7), c'est aussi, je crois, pour s'excuser auprès de certains zélés, qui auraient voulu que cette chasteté fîit exigée de tousi. En pardonnant quelque chose aux faiblesses de la chair, il croit devoir dire que ce n'est pas pour lui-même. S'il se fait gloire devant les siens d'avoir été aimé d'eux jusqu'à la passion, c'est quand il sent que cet amour lui échappe ; c'est quand il devient impopulaire et qu'd entend des murmures : « En ce temps-là, je vous suis témoin que vous vous seriez arraché les yeux pour me les donner. Yous suis-je donc devenu un ennemi parce que je suis vrai pour vous? » {Gai., iv, IS.) Il ne pense, en parlant ainsi, qu'à raviver leurs tendresses : « Ma bouche s'ouvre pour vous, hommes de Corinlhe ; mon cœur se fait large; il n'y a pas de resserrement en moi; le resserrement est dans vos entrailles ; par une juste récompense, puisque je vous parle' comme à mes enfants, élargissez-vous à votre tour. )) (II Cor., vi, II.)
Mais quand il a repris ainsi les cœurs, il passe quelquefois du ton touchant au ton sévère ; car il sait qu'un homme qui gouverne a besoin d'autorité, et que la foule ne veut pas seulement être caressée, mais