‹ Le Christianisme et ses origines (volume 3)Chapitre 67 sur 107 · Tome III, page · texte numérisé non relu

Tome III, page

2. Mais non pas divinité, diuinitatem ; ce mot de la Vulgate n'est pas dans le texte, où l'Agneau n'est jamais égalé à Dieu.

hjpse. Tout fuit devant la colère de Dieu et la colère de l'Agneau. Tous les élus se groupent autour de Dieu et de TAgneau, et leur rendent grâce. Ils portent des robes blanches, lavées dans le sang de l'Agneau. L'Agneau -a son livre de laYie, où ils sont inscrits. L'Agneau réside sur la montagne de Sion . Les purs suivent l'Agneau partout où il va ; ils sont les prémices de Dieu et de l'Agneau. Ils chantent le cantique de l'Agneau. Les rois combattent contre l'Agneau, et l'agneau est vainqueur. L'Agneau a ses douze apôtres. L'Agneau entin règne à jamais dans la cité céleste où les saints sont établis pour l'éternité.

L'Agneau a un adversaire, le Dragon, qui n'a pas cependant l'honneur de lutter directement contre lui- On le voit d'abord dans le ciel, puis « Michaël et ses anges», combattant contre « le Dragon et ses anges », et ceux-ci sont précipités du ciel sur la terre. Le Dragon était l'ennemi de ceux que l'auteur appelle « nos frères», et. une voix dans le ciel dit qu'ils l'ont vaincu par le sang de l'Agneau, en faisant bon marché de leur vie jusqu'à affronter la mort, xn, 11. Puis il est enchaîné pour un temps dans ce que l'auteur appelle l'Abîme. Il est délivré au bout de ce temps et menace de nouveau les Saints; mais, cette fois, il est jeté pour jamais dans « l'étang du feu et du soufre », XX, 7. Alors les mortS' ressuscitent ; puis le ciel et la terre sont renouvelés * ; la mer disparaît, et du haut du ciel descend la Jérusalem éternelle.

1. Souvenir A'huïe^ i.xv, 17; mais, là, ce n'est qu'une figure.

Nous n'avons pas besoin de chercher ce que c'est que l'Agneau et ce que c'est que le Dragon ; car l'auteur nous le dit en ternies exprès : l'Agneau est le Christ, le Dragon est Satanas. L'Agneau est le Christ ; non seulement il est désigné comme tel an verset V, 5, par les périphrases qui désignent dans les -prophètes un roi libérateur d'Israël *, périphrases que tout le monde, à l'approche de notre ère, rapportait au Christ ou Messie; mais, de plus, on lui dit au verset 9 : « Tu as été égorgé, et tu as acheté à Dieu, au prix de ton sancj^ des hommes de toute race et de toute langue. » Il est clair que c'est bien le Christ, celui qui a été mis à mort sous le nom de Jésus. Le nom de l'Agneau revient plus de vingt-cinq fois dans le livre : celui de Christ y paraît très rarement, et seulement dans des endroits où il est parlé de lui, sans que lui-même se montre et agisse.

Le Dragon est Satanas : c'est ce qui est dit au verset xn, 9, où on l'appelle aussi le Diable et « l'antique Serpent ^ ». Mais d'où viennent ces deux symboles ?

On a vu déjà que la croyance à la résurrection, soit dans sa forme la plus simple (celle des Évangiles), soit avec les riches développements que Paul lui a donnés, paraît être venue de la religion de Mithra. Il en est de même de cette lutte finale entre les génies du bien et ceux du mal, à laquelle aboutit X Apoca-

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