‹ Le Christianisme et ses origines (volume 3)Chapitre 7 sur 107 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

A partir de rétablissement des Juifs en Egypte autour du temple d'Onias, en 150 avant notre ère, il s'est fait dans le monde hellénique une propagande juive qui est allée se développant de plus en plus, en Egypte d'abord, puis en Syrie, puis dans l'Asie grecque, et enfin dans Rome même après la prise de Jérusalem par Pompée. En l'an 22 de notre ère, sous Tibère, cette propagande était devenue assez entreprenante pour inquiéter les pouvoirs publics et pour déterminer le sénat et l'empereur à chasser de la ville et à disperser les judaisants. Mais, environ vingt ans plus tard, on apprenait qu'il venait de se produire à Antioche une secte de judaisants qu'on appelait hommes du Christ. Dès lors le

christianisme était fait, et la propagande juive se transformait en propagande chrétienne.

Il y avait longtemps déjà que tout ce qui était juif attendait d'en haut un Oint [Meschia en hébreu, Christos en grec), qui devait inaugurer ce que les Juifs appelaient le règne de leur Dieu, c'est-à-dire leur règne à eux-mêmes. A force de l'attendre, on finit par croire qu'il avait paru. On sait que la révolution par laquelle llduméen Hérode se substitua à la race sacerdotale et royale des Asmonées agit fortement en ce sens sur les esprits. On appliqua à cette révolution ce qu'on crut lire dans un verset de la Genèse, que le sceptre ne devait pas sortir de Juda, jusqu'à la venue de l'Oint : le sceptre était sorti de Juda; les temps de l'Oint étaient donc venus. A la mort d'Hérode, il s'éleva de tous côtés en Judée des chefs de bandes qui prirent le titre de roi et probablement aussi le nom d'Oint ou de Christ, quoique Josèphe ne nous le dise pas expressément, parce qu'il évite de propos déhbéré un mot qui rappellerait des illusions odieuses à l'autorité romaine. Mais, parmi eux, il faut mettre à part Judas de Galilée, soit qu'il ait pris le premier ce titre de Christ, soit qu'il y ait attaché un sens nouveau, en faisant prévaloir sur l'idée d'uu roi Ubérateur et glorieux celle d'un missionnaire de leliova, prophète et révélateur. En effet, d'un côté, il nous est représenté par Josèphe comme ayant introduit dans Israël une nouvelle doctrine religieuse, dont le trait principal était de ne reconnaître d'autre prince et d'autre maître que le Seigneur ; de l'îîutre, il a une

mention dans le livre des Actes, où on voit que le docteur Gamaliel rappelle son souvenir comme celui d'un homme qui déjà avait voulu être ce que les disciples de Jésus dirent depuis que celui-ci avait été. Dans ce discours, Gamaliel évite aussi le mot de Christ ; il dit : (( qui prétendait être un personnage : Hym

Plus tard, un honnne qui n'avait pas de bandes derrière lui, qui ne combattait point et ne parait pas avoir prétendu au titre de Christ, n'en a pas moins remué profondément la Judée ; c'est Jean le Baptistès, ainsi nommé en grec de l'immersion dans le Jourdain ([ia-TicTua) qu'il imposait à ses disciples ^ Il parait êlre le premier qui ait annoncé l'ouverture prochaine du royaume de Dieu, non plus comme un événement du monde présent, mais comme la fin de ce monde et l'entrée dans une nouvelle existence, et il invitait les enfants d'Israël à se préparer à cette régénération par un changement de vie, ;xeTav:'.y., et à pratiquer « la piété envers Dieu et la justice envers les hommes », pour mériter la « rémission de leurs péchés », qui faisaient encore obstacle au bienfait divin. L'eau où il faisait plonger ceux qui venaient à lui (en même temps qu'il leur en versait sans doute aussi sur la tête) était le signe de cette purification des âmes. De tous côtés, des multitudes accouraient vers lui pour recevoir ce

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