‹ Le Christianisme et ses origines (volume 3)Chapitre 78 sur 107 · Voir n Cor., xi, 22. — Rotn. m, 2 ; X, 1 ; xi, I · texte numérisé non relu

Voir n Cor., xi, 22. — Rotn. m, 2 ; X, 1 ; xi, I

ne sent que le dernier verset, avec l'invective qui le précède, est une allusion évidente à la ruine de Jérusalem, et qu'ainsi cela a été écrit longtemps après Paul?

Il n'est pas moins impossible d'attribuer à Paul l'endroit de la seconde Épitre (n, 2) où il déclare qu'il ne faut pas croire sur une vague inspiration, ou même sur la foi d'une prétendue Lettre de lui, que l'avènement du Seigneur et la résurrection des morts soit chose si prochaine. Ce passage témoigne que la seconde à ceux de Thessalonique n'est pas même de l'auteur de la première, et qu'elle est l'aile au contraire pour la combattre; car celle-ci, s'inspirant d'ailleurs de la premièie à ceux de Corinthe (xv, ol-o2), promettait la résurrection à la génération présente, tandis que l'auteur de la seconde, découragé sans doute parce qu'on a déjà trop attendu, invite ses lecteurs à patienter. On verra cette disposition plus marquée encore dans la seconde Épitre dite de Pierre. Il n'y a donc pas moyen de prendre pour authentique ni l'une ni l'autre de ces deuxÉpitres à ceux de Thessalonique. Je ne discuterai pas davantage la question d'authenticité, mais en étudiant les Épîtres en elles-mêmes, on sera assez averti par les idées qui les remplissent qu''on n'est plus en présence de Paul ou de ses contemporains.

La Christologie d'abord est tout autre. Dans les Lettres de Paul non contestées, le Christ nulle part n'est une personne divine. Il a été adopté de Dieu, qui l'a chargé d'une grande œuvre; mais, après celte œuvre accomplie, il s'elTace et rentre dans le rang,

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pour ainsi {lire(I Cor., xv, 28). Ici, le Christ a une nature divine \Phil., n, 6) ; mais, au lieu de s'en prévaloir pour figurer comme égal à Dieu, il a pris la nature d'un sujet, et s'est fait semblable aux hommes. « C'est pourquoi Dieu l'a élevé d'autant plus haut et lui a accordé un nom qui est au-dessus de tout nom : de manière qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans le ciel, sur la terre et dans les régions d'au-dessous, et que toute langue confesse qu'il est le Seigneur Jésus le Christ, et en rende gloire à Dieu le Père. » Et ailleurs [Col. i, 14) : « Il est l'image du Dieu invisible, le premier-né de toute création. Eu lui a été créé tout ce qui est au ciel et sur la terre, les choses visibles et les invisibles... tout a été créé au moyen de lui. » Ce Christ-là est le Verbe, ou Logos, je ne dis pas le Verbe de Jean, mais de Philon ; car c'est dans Philon que se trouve pour nous la source de toutes ces idées 1. Et enfin (ii, 9) : « En lui réside toute la plénitude de la divinité corporellement. » Rien n'est plus loin que tout cela du vrai Paul.

C'est encore une idée philonienne que celle-ci : « Un seul Dieu, et un seul intermédiaire entre Dieu et les hommes, Thonime qui est Jésus le Christ. » (1 Thn. ii, 0 ^.) C'est le Logos que Philon se représente ainsi, comme permettant à Dieu de descendre jusqu'à l'humanité, et à l'humanité de s'élever jusqu'à Dieu.

J'ai fait voir, en étudiant Paul, qu'il semble ne con-

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