‹ Le Christianisme et ses origines (volume 3)Chapitre 79 sur 107 · Voir mon tome III, p. 392 et suivantes · texte numérisé non relu

Voir mon tome III, p. 392 et suivantes

•.'. Eu grec \iztj[%riC, en latin mediator, dont nous avons fait Médiateur.

372 LE CinUSTlANISME ET SES ORIGINES.

sidérer le Christ que comme un simple instrument rie Dieu; il est douteux qu'il lui attribue d'avoir voulu lui-même la rédemption et de l'avoir faite pour l'amour des hommes ; cette idée est au contraire présentée nettement dans les Épîtres contestées [Eph., v, 2, etc.), et c'est de là qu'elle s'est répandue.

La première Épître dite de Pierre nous révèle au

sujet du Christ quelque chose de tout particulier et

d'assez obscur. Il y est dit qu'au moment où il est

ressuscité, « il est allé prêcher aux esprits qui étaient

en prison » (iv, 19), et, d'après le verset suivant, il

semble que ces esprits sont ceux des hommes qui, au

temps de Noé, n ont pas cru (il n'est pas parlé de cela

dans la Genèse), et ainsi n'ont pas mérité d'être sauvés

avec Noé. L'écrivain paraît admettre qu'en périssant

par le déluge, ils n'ont pas pour cela été perdus à

jamais ; un autre verset dit un peu plus loin (iv, 6) :

« 11 y a eu aussi une évangéhsation pour les morts, afin

que condamnés dans leur chair suivant le jugement des

hommes, ils vivent par l'Esprit suivant celui de Dieu. »

Un verset de la Lettre qu'on intitule, « à ceux d'Éphèse »

(iv, 9), paraît se rapporter à la même tradition, sans

que cela soit tout à fait évident. Cette descente aux

enfers, dont on ne sait pas bien en quoi elle consiste,

est devenue pour l'Église un point de foi. Elle n'est

pas dans le symbole de Nicée; mais on la trouve dans

le petit Ci^edo de date inconnue appelé symbole des

apôtres: descendit ad inferos^.

1. Ce Credo n'a peut-être pas existé avant le iv« siècle. Sur ce dogme, voir le Catéchisme du diocèse de Paris, première partie, leçon X". L'édition que j'ai entre les mains est datée de 1853.

Les Épîtres dites de Jean sont les seuls textes du NouveauTestament ({mnQws parlent de l'Antichristos * . (( Mes enfants, voici la dernière heure : vous avez entendu dire que i antichrist va venir; il y a aujourd'hui plusieurs antichiists, à quoi nous connaissons que c'est bien la dernière heure. » (Première Épître, n, 18, 22 ; IV, 3 ; seconde Épître, verset 7.) L'auteur ne fait guère ici qu'appliquer ce mot à ceux dont il combat les doctrines, mais ses expressions supposent que tout le monde avait l'idéed'un aiitichrist. C'est l'Antichrist qui paraît être désigné, sans être nommé de ce nom, dans la seconde Épître à ceux de Thessalonique (n, 3-4), d'après le livre de Daniel et aussi d'après V Apocalypse^ dont la Bête est bien, en effet, un antichrist, sans que ce mot soit employé. Les explications de l'Épître sur le temps où doit paraître ce personnage ne sont pas plus claires que celles de \ Apocalypse. Je croirais volontiers que celui qui suspe?id sa. venue (verset 7) est Yespasien ^, et que celui qui doit consommer le mal est Douiilien.

On ne peut, guère dire qu'il y ait une angélologie dans les Lettres aulheutiques de Paul. Cependant on lit dans l'Épître à ceux de Rome (vni, 38) : « J'ai la confiance que ni la mort ni la vie, ?ii les anges 7ii leurs chefs, ni le présent ni l'avenir, ni les régions d'en haut ni celles d'en bas, ni aucune créature quelconque ne pourra m'arracher à l'amour de mon

Page 1