‹ Le christianisme et ses origines (volume 4)Chapitre 17 sur 109 · Oté par Michelet, les Jésuites, page G9, note I · texte numérisé non relu

Oté par Michelet, les Jésuites, page G9, note I

traduit d'ordinaire par : « Heureux les doux ! ol zpaeîç (v, 5). — Apprenez de moi que je suis doux, r^paiç » (xi, 29). Mais le premier de ces deux passages, qui est pris d'un psaume, nous montre à quel mot hébreu répond le mot grec, et les hébraîsants nous font voir que le mot hébreu lui-même signiQe moins ce que nous appelons la douceur que la résignation et la pa tience . C'est ainsi encore que Matthieu (xii, 18) applique à Jésus ce verset à'Isaîe (xlii, 2) : « 11 ne criera pas, il ne querellera pas, et on n'entendra pas sa voix dans les rues. >; Il y a là un idéal juif, qui exclut la violence et la hauteur impérieuse, mais qui n'exclut ni le chagrin ni l'amer tirnie.

Cependant la même ardeur qui l'irrite contre l'orgueil ou l'indifiérence l'attendrit à l'égard des humbles et des souffrants. « Il vit une grande multitude, et ses entrailles s'émurent pour eux, parce qu'ils étaient comme des brebis qui n'ont point de pasteur, et il se mit à répandre sur eux ses enseignements. » {Marc, vi, 34 ; voir aussi i, 41 et viii, 2.) Il ne sépare pas de l'amour de Dieu l'amour du prochain ; ces deux choses ensemble sont au-dessus de tout le reste, (xit, 31.) Sans l'amour du prochain, la foi même perd sa vertu, cette vertu qui semblait toute-puissante : « Quand vous vous lèverez pour prier, remettez ce que vous pouvez avoir contre quelqu'un, afin que votre Père qui est dans le ciel vous remette aussi à vous vos offenses. » (xi, 25.) Comme on lui présente des enfants pour qu'il les touche

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