PREFACE
Ce quatrième volume, sur le Nouveau Testament^ forme la troisième et dernière partie de mon ouvrage. La première, P Hellénisme, remplit* les tomes I et II, et la seconde, le Judaïsme, le tome III. Jusqu'ici, quoique j'eusse pris le même titre général que M. Renan, je n'avais pas encore traité le même sujet, parce que cette expression, «les Origines du Christianisme, » signiGe chez M. Renan ses commencements, et chez moi ses antécédents, helléniques ou judaïques. Cette fois, arrivant au christianisme lui-même, je me trouve sur le même terrain. On ne me soupçonnera pas d'avoir eu la prétention de refaire le grand monument qu'il a élevé. Ce monument est une Histoire, avec tout ce que l'histoire comporte de larges développements et de riches tableaux; Thistoire est résurrection ; l'historien s'applique à faire que nous revivions le passé. Mon volume n'est qu'un travail de critique, une suite d'éclaircissements sur des questions que l'histoire suggère, un supplément d'étude à l'usage des travailleurs.
Les trois premiers chapitres ont paru déjà : le pre*
H PHÉFACE.
mier dans la Revue des Deux Mondes (1**" avril 1881) ; les deux autres dans la Nouvelle Jîevwe (l""' décem- ^ bre 1881, etc., et 15 juillet 1882). Le premier, qui touchait à la personne même de Jésus, a excité naturellement plus â*attention et d'opposition. M. Tabbé Augustin Lémann Ta combattu dans un écrit intitulé : le Christ rejeté (Paris, Lecoffre, 1881). M. Tabbé Chapon y a répondu à ^son tour par deux articles très étendus dans le Correspondarit (25 juillet et 10 août 1881). Enfin, Mgr révêque d'Aulun (Adolphe Pen*aud, aujourd'hui de TAcadémie française) a adressé à M. Tabbé Lérnann une lettre de quelques pages, où, sans daigner s'arrêter aux discussions de détail, il oppose en général à toutes les objections le miracle de l'établissement et de la grandeur du christianisme. Il signale aussi et il loue dans une note finale le travail de M. l'abbé Chapon, qui n'avait paru que depuis que son écrit était achevé*. Je voudrais revenir un moment sur mon troisième
1 . La critique iniransitjeante el ies services qu'elle i^end à la science apologétique, lettre à M, l'abbé Augustin Lémann, Autun, 1881 (et Paris, librairie Gervais). Dans cet écrit, M. Perraud me fait Thonneur de m^adresserun argument ad hominem que voici : «< Telles sont, mon cher abbé, les réflexions que m*a suggérées votre réponse au triste travail de BA. Havet ;.. . triste et très triste, parce quMI est Tœuvre d'un vieillard, et comme le dernier mot d*une vie qui sera bientôt mise en fate de lapleine et inexorable lumière de Véternité. » Je n'avais pas besoin de cet avertissement; je me rends parfaitement compte de mon âge et de ce qu'il m'annonce ; mais je ne vois pas de raison de m'effrayer pour cela plus que Mgr l'évèque d'Autun ne s'effrayera lui-même, je Tespère, quand il sera vieux à son tour.
PKÉFACE.' ni
tonie« Il comprenait deux parties, non pas séparées, mais distinctes. Dans Tune, je développais l'esprit du judaïsme et celui de la Bible, et, de ce côté, je n'ai guère trouvé d'adversaires que chez les purs orthodoxes. Dans l'autre^ je présentais des vues nouvelles sur la chronologie des différents livres de la Bible, et celle-là n'a eu au contraire personne pour elle. Presque tous les critiques Tonl condamnée, et les seuls qui raient ménagée sont ceux qui n'en ont rien dit. Ceux qui en ont parlé Tont traitée en général comme une fan* taisie, qui ne pouvait être prise au sérieux.
Voici comment M. Scherer, dans un article d'ailleurs très honorable pour moi, s'est exprimé sur ce point * : « Cette partie de l'ouvrage traite d'un sujet étranger aux études habituelles de 1 écrivain, et pour lequel, dans tous les cas, aùisi qu'il le reconnaît avec ingénuitéy il lui manquait les conditions d'une parfaite compétence. M. Havet, ne sachant ni l'hébreu ni l'allemand, ne pouvait ni étudier V Ancien Testament dans le texte original, ni consulter les écrits si nombreux et si importants qui ont éclairci l'histoire et la littérature reUgieuses des Israélites. Ainsi borné dans ses moyens d'investigation, M. Havet a hasardé, sur la date de l'origine des livres sacrés des Juifs, des opinions qui témoignent assurément d'une certaine force critique, mais en même temps d'une singulière
\,Le TempSy niimêpo dn 27 décpnilin' 1819. . .