‹ Le christianisme et ses origines (volume 4)Chapitre 34 sur 109 · Voir tome III, page 39S · texte numérisé non relu

Voir tome III, page 39S

3. Le tecte dite des Blcbasaltes af»it itn Esprit aâint féminin, «ans qoll B«lt dit que cet Esprit fût mère de Jésus ; mais cette secte n*a commencé à paraître qu'au commencement du ni« siècle {PhUosopkumena, IX, 18). V Évangile selon les Hébreux n*ét«it peut-être ^èfe plni anoîBii.

le judaïsme, elle n en a pas moins une racine juive, puisque Tidée du Christ est une idée juive ; elle ne pouvait s'adresser qu'aux judalsants et il en est de même de sa prédication tout entière. Cette prédication peut être définie : le judaïsme se transformant luimême et sortant de lui-même ; et c'est la définition du christianisme. Ce judaïsme qui se renonce et s'arrache à soi est un des aspects principaux, et non pas le moins curieux, des quatre Épîlres. Cela aurait suffi, je Tai dit déjà, a les rendre absolument inintelligibles et absolument indifférentes à un Grec ou à un Latin non « judaîsant y> à qui on les aurait présentées. Et cela les rend encore fatigantes à bien des chrétiens d'aujourd'hui, mais on ne peut méconnaître l'intérêt historique de cette étude. Paul était au plus haut degré ce que le troisième évangile appelle un homme de la Loi (voîxixoç), et c'est Paul qui a rompu avec la Loi. Voici comment cela s*est produit.

Ce ne sont pas d'abord les hommes du Christ qui ont rejeté la Loi ; c'est la Loi, je veux dire les pouvoirs établis par elle, qui ont repoussé et poursuivi les hommes du Christ. Paul avait, contre ceux de Damas, une commission du grand prêtre {AcL, ix, 2). Les chrétiens étaient donc condamnés à sortir de la Loi tôt ou tard.

Mais il est certain que, déjà avant le christianisme et avant Jésus, la Loi avait perdu, au moins chez les Juifs de pays grec, de son autorité morale. Cela était résulté de l'affluence même des judaîsants. Il y avait des Juifs dans toutes les parties du monde romain, et

LA RÉSURRECTION. — PAUL. i39

autour des Juifs des judaîsants, c'est-à-dire des boiumes qui avaient adopté les croyances et les sentiments des Juifs, mais sans se soumettre aux exigences de la Loi. Ils se refusaient d*abord à la circoncision, la plus gênante de toutes, et celle qui les aurait le plus séparés du reste des hommes ; ils ne s'astreignaient pas à observer les règles du sabbat, ou les prescriptions sur les fêles, etc. Le dieu dlsraêl avait ainsi à son service, outre Tarmée des Juifs, qui occupait des postes partout en pays grec, une autre armée d'auxiliaires, qui grossissait beaucoup la pre* uiière et ajoutait considérablement à sa force. Mais celte extension même avait pour le judaïsme son danger. Les Juifs du monde hellénique, entourés dhommes qui leur étaient unis par Tesprit, et qui en môme temps se dispensaient de leurs observances, pouvaient être entraînés eux-mêmes, pour peu qu'ils fussent enclins à la critique et au doute, à attacher moins de prix à ces observances et à s'en dispenser à leur tour. Et c'est ce qui arrivait en effet. II y avait des Juifs, Philon d'Alexandrie nous l'atteste S qui faisaient bon marché de toutes ces pratiques légales, à commencer par la circoncision : il est à croire que, par le seul progrès du temps, ces hommes seraient devenus de jour en jour plus nombreux. Mais la foi au Oirist imprima en ce sens aux esprits un élan difficile à contenir, surtout quand un génie hardi leur eut ouvert de si larges voies.

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