CHAPITRE III
C'est peu de .temps après que Paul avait disparu de l'histoire qu'eut lieu à Rome, en l'an 64, celte grande tuerie de chrétiens qui ^se remarque au milieu des cruautés de Néron. Le passage sur la soumission au pouvoir, dans l'Épttre à l'Église de Rome, nous avertit que cette Église était suspecte à ce point de vue, et l'on n'en est pas étonné. Partout « la bonne nouvelle » s'était surtout répandue parmi ceux d'en bas. J'ai cité déjà les paroles de Paul à l'Église de Corinthe (I, I, 26) : « Dieu a choisi ce qu'il y a dans le monde de mal né, de compté pour rien, de néant... » ; c'était une foule déjà turbulente à Corinthe, je le suppose, mais qui devait l'être bi^n autrement au milieu de la grande populace de Rome. Comme Suétone raconte que « les Juifs, remués par Ghrestus, excitant des troubles continuels, Claude les chassa de Rome » {Claudcy 25), on a supposé, non sans vraisemblance, que ce prétendu Chrestus est le Christ, et que les Juifs payèrent ce jour-là pour les chrétiens, avec qui on les confondait encore. Si cela est, les Juifs durent commencer dès lors à protester contre cette méprise, et à faire reconnaître les hommes de Christ comme une bande à part, qu'ils étaient les premiers à condamner. C'est au milieu de cet état des esprits que survint sous