‹ Le christianisme et ses origines (volume 4)Chapitre 51 sur 109 · IV. i · texte numérisé non relu

IV. i

Néron, en 64, Tépouvantable incendie de Rome. La population exaspérée cherchait à qui s'en prendre de ses désastres, et Néron avait amassé déjà assez de haines pour qu'on pensât tout d'abord à l'empereur ; il fallait détourner sur d'autres la fureur publique. Vingt ans plus tôt, c'aurait été sur les Juifs; mais les Juifs avaient si bien fait, qu'ils avaient maintenant à Rome des protecteurs. Leurs rois, lès Hérodes, depuis Caligula, étaient en faveur à la cour; Poppée elle-même judalsait et leur accordait son appui. Ce furent les chrétiens qu'on choisit pour victimes expiatoires. Ils avaient dû brûler Rome, puisqu'on savait bien qu'ils la détestaient; car cette haine du genre humain, ou plutôt de l'empire des gentils, qu'on reprochait aux Juifs depuis longtemps S les chrétiens la ressentaient plus violemment encore ; c'est le crime, comme dit Tacite, dont ils étaient convaincus^, et le plus grand nombre d'entre eux étaient d'ailleurs des misérables, qu'on pouvait regarder comme n'ayant rien à perdre à l'incendie. Enfin, brûler Rome était ce qu'on soupçonnait tout d'abord chez ceux qu'on regardait comme des ennemis publics; c'est ce qu'on avait imputé à Gatilina et aux siens. Ici, le mieux est de citer Tacite lui-même : « Néron fit souffrir les tortures les plus raffinées à une classe d'hommes détestés pour leurs abominations et que le vulgaire appelait chrétiens {christianos). Ce nom leur vient de Christ, qui^ sous Tibère, fut livré au supplice par le procurateur

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