Et calvo serviret Roma Neroni, iv
3. J'ai expliqué ce sens dans mon étude sur Daniel^ au tome III du Christianisme et ses origines^ page 302.
Je ferai remarquer en passant que la liète de Daniel a dix cornes sur une tôte et non sur sept tètes, ce quMl est fort di/Dcile de se figurer. Mais Tauteur de l'Apocalypse ne s'effraye nullement de Tincohérence des images et des idées. IL a besoin de sept tètes d'une part et de dix cornes de l'autre, et il mêle tout cela n'importe comment. C'esr ainsi qu'il procède partout.
entendre par ces cornes des chefs d'armée qui ne sont pas des Césars, et on peut voir que le verset 16 se rapporte aux guerres civiles par lesquelles s'est ouvert le règne de Yespasien, et où le Capitole fut brûlé. Je crois bien aussi que dans ces cornes sont compris des personnages plus récents encore, par exemple Trajan, auxquels s'appliqueraient les mots : « Qui n'ont pas encore reçu la royauté. » J'ajoute qu'un autre verset (le 14'') peut bien se rapporter aussi à lui, ainsi que le verset 12 du ch. xvi.
Si nous étudions maintenant dans V Apocalypse les idées qui lui sont particulières, elles nous confirmeront dans la pensée que le livre est plus récent que Paul.
Et d'abord le Christ» fils de Dieu, s'y distingue à peine de Dieu. Il est représenté au chapitre premier sous les images sous lesquelles les prophètes et Daniel avaient représenté lehova lui-même ; images grandioses et terribles, qui nous emportent bien loin du Jésus des Évangiles. Paul, il est vrai, malgré son mot sur la douceur et la patience du Christ (II Cor. x, 1), s'est plu à le représenter régnant et glorieux (I Cor. XV, 24) ; mais il nous dit en même temps, qu'une fois accomplie la grande révolution qui doit détruire le monde présent, Christ s'effacera pour ne laisser parattxe que Dieu régnant tout en tous. Ici, au contraire, on voit le Christ établi pour l'éternité dans une grandeur incomparable. Comme lehova ou Dieu, il dit de lui-même : « Je suis l'alpha et l'oméga *, le premier et