La première et U dernière lettre de Talphabet grec
le dernier. » La seule chose qu'il ne dise pas, c'est qu'il soit Dieu ; Tunique verset où cela soit dit est dans la bouche de Dieu même, et non du Christ (xxi, 7). Mais il est le Verbe de Dieu (5 Asyc; 'oij ©ssO, xix, 13). Ce Verbe n'est pas d'ailleurs celui du quatrième évangile, conception grecque et alexandrine, sur laquelle je reviendrai plus tard. Celui-ci est une idée purement juive, que j'ai expliquée ailleurs *. C'est le memra des targoums^ c'est-à-dire la manifestation extérieure de Dieu, la figure sous laquelle il se montre et par laquelle il agit. Il n'y a pas loin de là à devenir Dieu.
Mais, dans la plus grande partie- du livre, le Christ ■nous est présenté sous une forme absolument nouvelle, que ni les livres juifs, ni Paul, ni les trois évangiles n'ont connue, celle de V Agneau^ to apvCcv. Au plus haut du ciel et près de Dieu même, on voit, au début du chapitre v, la figure d'un agneau égorgé, qui demeurera dès ce moment sous nos yeux jusqu'à la fin.
Ce n'est pas « l'agneau de Dieu», suivant une expression qu'on trouvera dans le quatrième évangile, mais que V Apocalypse n'emploie jamais; c'est l'Agneau purement et simplement. Toute la cour céleste, et à sa suite toutes les créatures, rendent hommage à l'Agneau : wA lui puissance, richesse, sagesse, force, honneur, gloire, bénédiction... pour les siècles des siècles*. » L'Agneau prend part à toutes les scènes de ce grand drame de la fin du monde qui est le sujet de YApoca-