I. Voir mon tome HI, p. 392 et suivantes
V. En grec [xeoirn;, en laiiu m€dliatoi\ dont nous avons fait Médiaieur.
sidérer le Christ que comme un simple instrument de Dieu; il est douteux qu'il lui attribue d'avoir voulu lui-même la rédemption et de Ta voir faite pour Tamour des hommes ; cette idée est au contraire présentée nettement dans les Épttres contestées {Eph.^ v. 2, etc.), et c'est de là qu'elle s'est répandue.
La première Épitre dite de Pierre nous révèle au sujet du Christ quelque chose de tout particulier et d'assez obscur. 11 y est dit qu'au moment où il est ressuscité, te il est allé prêcher aux esprits qui étaient en prison » (iv, 19), et, diaprés le verset suivant, il semble que ces esprits sont ceux des hommes qui, au temps de Noé, n'ont pas cm (il n'est pas parlé de cela dans la Genèse)^ et ainsi n'ont pas mérité d'être sauvés avec Noé. L'écrivain parait admettre qu'en périssant par le déluge, ils n'ont pas pour cela été perdus à jamais ; un autre verset dit un peu plus loin (iv, 6) : « 11 y a eu aussi une évangélisation pour les morts, afin que condamnés dans leur chair suivant le jugement des hommes, ils vivent par l'Esprit suivant celui de Dieu. » Un verset de la Lettre qu'on intitule, « à ceux d'Éphèse w (iv, 9), parait se rapporter à la même tradition, sans que cela soit tout à fait évident. Cette descente aux enfers, dont on ne sait pas bien en quoi elle consiste, est devenue pour l'Église un point de foi. Elle n'est pas dans le symbole de Nicée ; mais on la trouve dans le petit Credo de date inconnue appelé symbole dés apôtres : descendit ad iiiferos ^ .
1. Ce Credo n'a peut-être pas existé avant le iv« siècle. Sur ce dogme, voir le Catéchisme du diocèse de Paris, première partie* leçon X«. L'édition que J*ai entre les mains est datée de 1853.
Les Épitres dites de Jean sont les seuls textes du Nouveau Testament quinous parlent de rAnlichristos * . « Mes enfants, voici la dernière heure : vous avez entendu dire que r antichrist va venir; il y a aajour* d'hui plusieurs antichrists, à quoi nous connaissons que c'est bien la dernière heure. » (Première Èpttre, n, 48,22; IV, 3; secondeÉpître, verset 7.) L*auteur ne fait guère ici qu'appliquer ce mot à ceux dont il combat les doctrines, mais ses expressions supposent que tout le monde avait ridéed'unaiitichrist. C'est l'Antichrist qui parait être désigné, sans être nommé de ce nom, dans la seconde Épitre à ceux de Thessalonique (n, 3-4), d'après le livre de Daniel et aussi d'après V Apocalypse^ dont laBéte est bien, en effet, un antichrist, sans que ce mot soit employé. Les explications de l'Éptlre sur le temps où doit paraître ce personnage ne sont pas plus claires que celles de V Apocalypse. Je croirais volontiers que celui qui suspend sa venue (verset 7) est Vespasi^n *, et que celui qui doit consommer le mal est Domitien.
On ne peut guère dire qu'il y ait une angélologie dans les Lettres authentiques de Paul. Cependant on lit dans l'Épitre à ceux de Rome (vm, 38) : « J'ai la confiance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni leurs chefs, ni le présent ni l'avenir, ni les régions d'en haut ni celles d'en bas, ni aucune créature quelconque ne pourra m'arracher à l'amour de mon