‹ Le Christianisme et ses origines (volume 5)Chapitre 101 sur 183 · Voir page · texte numérisé non relu

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2. C'est ainsi qu'Hérode lui-même présente les choses dans un discours que Joseph lui fait tenir {Antiq., XV, xi, 1).

son sénat et ses consuls et n'a pas de rois, cela pouvait et devait encore se dire sous Auguste l.

La Sagesse de Jésus, fils de Sirach, est le même écrit que la Vulgate appelle Ecclesiasticus, discours pour Yecclesia ou l'assemblée. L'auteur est nommé à la fin du livre, dans un verset dont je conserve le mot à mot*(v, 27), quoique la construction n'en soit pas satisfaisante dans notre langue : « J'ai consigné dans cet écrit les leçons de la sagesse et de l'expérience. Jésus fils de Sirach, de Jérusalem, qui a versé de son esprit toute cette sagesse. »

L'ouvrage rappelle les Proverbes comme livre gnomique ; mais on y reconnaît d'abord un esprit différent et plus moderne. L'auteur se plaît à nommer la Loi, et à l'invoquer comme l'autorité suprême. 11 est pénétré de sentiment delà grandeur et de l'importance du sacerdoce (vu, 29, etc.). C'est là ce qu'on ne voit pas dans les livres dont j'ai parlé jusqu'ici, si ce n'est dans les Psaumes et surtout dans la dernière partie des Psaumes, où même cela n'est pas si marqué 2. Ce qui est encore plus particulier au Fils de Sirach, c'est l'hommage qu'il rend à la doctrine et aux docteurs (ypa^aTsTç) . 11 a tout un morceau pour célébrer l'homme qui fait son étude de la Loi, qui en sait les secrets et en éclaire les obscurités ; il lui promet la

1. Il est à remarquer que les versets n, 69-GO, se rapportent a ce qui est raconté dans Daniel, m et yi.

2. On peut ajouter aux Psaumes la dernière partie des Proverbes] voir plus haut, page 290.

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faveur des grands, la renommée, même après sa mort, et il oppose cet éclat à la condition servile des hommes qui travaillent de leurs mains, « et qui ne servent qu'à faire subsister le monde ». Celui-là ne devait pas estimer, comme VEcclésiaste, qu'il y eût trop de li\ res.

Soit que la forme même de ces recueils de sentences ait permis qu'il s'y soit introduit des morceaux de provenances diverses; soit que l'auteur du livre ait véritablement fait des emprunts à des morales fort différentes Tune de l'autre; il est certain que le livre du Fils de Sirach contient des passages qui n'ont rien d'édifiant. Tel est ce développement sur les esclaves, au chapitre xxxin (ou xxx).

« Le fourragé, le bâton et la charge à l'âne ; à l'esclave, le pain, la correction et l'ouvrage. Travaille-le, et. tu seras tranquille; relâche-le, et il cherchera la liberté. Le joug et le fouet lui ploieront le cou ; au mauvais esclave, les roues et les tortures. Force-le au travail, pour qu'il ne soit pas oisif; car l'oisiveté n'enseigne que le mal. Tiens-le à l'ouvrage, c'est ce qui lui convient ; s'il n'obéit pas, alourdis ses chaînes. » Nous avons déjà rencontré dans les Proverbes cette sagesse, expression d'une triste et brutale réalité l.

1. Un confesseur de la vérité et de la justice, Boutteville, dans un livre intitulé : La Morale de l'Église et la Morale universelle, 18G6, livre excellent, qui l'a fait déclarer indigne d'enseigner la jeunesse, citait ce morceau (p. 320). pour montrer quelle est l'illusion des croyants, qui, regardant de tels discours comme la parole même de Dieu, viennent ensuite nous demander d'être re-

Ce n'est pas là heureusement le ton général du livre, et l'auteur a d'ordinaire un accent plus véritablement religieux. Sa piété a même une ardeur, une sévérité, une délicatesse, dont on est vivement frappé. Il parle de son dieu de la manière la plus tendre : « La miséricorde de l'homme va à son frère, mais la miséricorde du Seigneur va à toute chair ; reprenant, dressant, instruisant, ramenant l'homme comme le berger son troupeau (xvm, 13). » Il l'appelle, « mon père » (xxm, 1). Il est plein de ce que nous appelons la foi, et c*est seulement chez lui que ce mot de foi, TtCffTiç, commence à prendre le sens et la force qu'il a gardés dans la langue chrétienne (u, 13 ; xl, 12). Cette foi est prête à embrasser le martyre : « Combats jusqu'à la mort pour la vérité, et le dieu ton Seigneur combattra pour toi (iv, 28). » Il a l'aversion du péché : « Fuis le péché comme un serpent (xxi, 2). » Le péché, c'est sans doute la transgression de la Loi, la complaisance pour les mœurs et les habitudes des Gentils. Et il ne suffit pas, si on a péché, de faire pénitence : « Celui qui se lave pour avoir touché un mort l, et qui le touche de nouveau, à quoi lui sert de s'être lavé? Ainsi l'homme qui jeune pour ses péchés, puis qui reprend son train et recommence à vivre de même, à quoi bon sa prière, et qui est-ce qui Técoutera 2? » Mais ce que sa foi a peut-être de plus

connaissants à la religion de ce que l'humanité a fait contre l'esclavage

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