Nombres, xix
2. Sirach, xxxi, 2,"> (Vulg., xxxiv, 30). — L'ordre dos chapitres, entre le xxxe et le xxxvir. notant pas le même, dans la Vulgate et
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Douveau, c'esl que son mépris pour tout ce qui n'est pas son dieu va jusqu'à lui faire étouffer le plus vif peut-être des désirs qu'un Juif pût former, celui d'avoir de nombreux enfants. Le "psaume disait encore (cxxvni, 2) : « Ta femme est au fond de ta maison comme une vigne féconde, et ses fils sont rangés comme des plants d'olivier tout à l'entour de ta table. » Voici maintenant comment parle le Fils de Sirach (xvi. i-3) : « Ne te soucie pas de nombreux enfants qui ne seraient pas bons; ne mets pas ta joie dans des fils impies. Ne prends pas plaisir à ce qu'ils se multiplient, si la crainte du Seigneur n'est pas avec eux. Ne t'enorgueillis pas de leur existence; ne suis pas des yeux leur trace. Car un seul [qui est fidèle] vaut mieux que mille, et mieux vaut mourir sans enfants que d'avoir des impies pour enfants. » La foi juive est donc arrivée à un tel état d'exaltation, que le vrai Juif ne compte plus le fils qui aurait passé aux Gentils et qui n'appartiendrait pas au Seigneur- Mais plus il liait les infidèles, plusll aime ses frères, et redouble envers eux de charité : « L'eau éteint le feu et la flamme, et la miséricorde efface les péchés (m. 30). » Le Fils de Sirach devance, ou plutôt il
dans l'édition grecque d'Alcala, que dans le manuscrit du Vatican (source de l'édition grecque de Rome), et dans celui d'Alexandrie, je donnerai une double indication toutes les fois que j'aurai à citer un passage pris dans ces chapitres.
En outre (c'est peut-être l'occasion de le dire), le texte de la Vulgate contient beaucoup de pensées qui ne sont pas dans le texte grec, et elle a ainsi beaucoup plus de versets dans chaque chapitre, de sorte que les numéros des versets ne se répondent plus. Je cite toujours d'après le grec.
dicte la prière fameuse du Discours sur la montagne * : « Pardonne à ton prochain ses offenses, et alors, quand tu prieras, tes péchés te seront remis (xxyiii, 2). » Il dit aussi avant l'Évangile : « Place ton trésor suivant les commandements du Très-Haut, et il te profitera plus que l'argent 2. » Quant à ceux qui prennent la subsistance du malheureux, et qui croient gagner le Seigneur par des offrandes et des sacrifices, il leur déclare que le Seigneur ne fait acception de personne aux dépens du pauvre 3. «Les larmes de la veuve ne coulent-elles pas sur sa joue, et son cri ne s'élève-t-il pas contre celui qui les fait couler? > Et avec une incomparable énergie : « C'est offrir l'enfant en sacrifice devant son père, que de sacrifier avec le bien des malheureux 4. »
Remarquons seulement que la charité du pieux écrivain ne s'adresse qu'à ses frères dans le Seigneur : « Donne au fidèle et ne t'embarrasse pas du pécheur (c'est-à-dire de l'infidèle) ; fais du bien au dévot, et ne donne pas à l'impie. Coupe-lui les vivres; ne lui donne pas des tiens, de peur de le faire par là plus fort que toi ; car il te rendra du mal au double pour le bien que tu lui auras l'ait. Le Très-Haut lui-même déteste les pécheurs, et réserve à l'impie ses vengeances. ml 4). De telles paroles témoignent assez combien les vrais Juifs étaient alors ulcérés contre les Gen-