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CHAPITRE [LXXIII

Le Christianisme dégagé du Temps et de l'Espace.

Au delà de ces affranchissements successifs du principe chrétien, qui seront autant de triomphes, un dernier progrès doit résulter des progrès mêmes de la raison humaine. Ce développement, au fond, sera aussi philosophique que religieux : il consistera à dégager complètement le christianisme des chaînes du temps et de l'espace.

Puisque le temps et l'espace ne sont que les cadres de nos pensées, de nos notions actuelles, et que le christianisme est une de ces pensées, une de ces notions, il3 se trouve, comme toutes les conceptions humaines, placé et renfermé entre ces limites. 11 faut l'en faire sortir.

En d'autres termes, puisque le temps et l'espace ne sont que les deux formes, les deux conditions de nos idées, puisque le temps et l'espace n'existent pas réellement et n'ont aucune réalité en dehors de nous, le temps et l'espace n'existent pas plus pour l'esprit humain sous l'empire de la rédemption, que pour l'esprit humain laissé à lui-même et non pénétré de l'élément chrétien.

L'expression la plus élevée du christianisme doit donc nous le présenter complètement libre et pur de ces intuitions involontaires qui servent de lisières aux pensées des hommes, qui faussent son aspect et rétrécissent sa grandeur.

La notion de l'espace conduit à localiser 88 les idées chrétiennes; elle leur assigne une situation.

La notion du temps n'est pas moins perfide : elle conduit à temporahserM\es idées chrétiennes; elle leur mesure Une durée.

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