UNIVERSALITÉ DU PROGRÈS
(on Ta vu) la nécessité de la liberté et justifie Dieu d'avoir permis le mal moral, ou en d'autres termes de l'avoir rendu possible. Le mal existe, et n'a pour auteur que Dieu ou l'homme 53. 11 fallait que le mal pût être préféré ; la création n'était qu'à ce prix, puisque le but de l'existence est le progrès, et que le progrès sans la liberté, c'est-à-dire la possibilité de se rapprocher de l'infini sans une possibilité équivalente de s'en éloigner, implique contradiction. Reprocher à Dieu la possibilité du mal ou, en d'autres termes, le don de la liberté, c'est lui reprocher la création ; car le mal moral n'est autre chose que l'inaccomplissement du but de la création, et le but même de la création exigeait la possibilité du mal. Aussi l'Évangile nous montre toujours ce mal moral comme quelque chose de profondément subjectif, personnel, inhérent à la créature, dès que la créature renverse l'intention divine de son existence 54.