CHAPITRE XXIII
Naissance, Vie, Enfance, Mort, Résurrection.
Pour individualiser ces principes, il suffit de considérer que la naissance, c'est rentrée individuelle dans la phase de progrès à laquelle nous appartenons.
La vie, c'est la durée, c'est la longueur de notre part de la phase de progrès qui nous est commune avec nos semblables 20.
L'enfance, cette fraction de la vie qui est irresponsable et privée du sentiment de l'individualité 2t, était nécessaire en vertu de la loi de solidarité; c'est par elle que l'humanité est vraiment solidaire ; c'est par elle que la solidarité est continue , et devient puissamment et forcément réciproque 22.
La mort de l'enfance s'explique, comme l'enfance même, par la loi de solidarité et par le principe du progrès. Lorsque le berceau et le sépulcre se touchent, ce deuil, pour les survivants, est un moyen de progrès 23, et quant à l'enfant lui-même, cette courte apparition dans ce monde est une preuve de fait qu'il est réservé à une autre phase de progrès. Le développement aura lieu ailleurs. L'amour divin se charge de remplacer l'amour maternel, et d'élever l'enfant redemandé. Ce n'est donc jamais l'enfant qu'on doit plaindre 24.
En effet, la mort, c'est la sortie individuelle de notre phase de progrès et du monde, de la nature qui lui est assignée 25.
La mort n'est donc qu'un simple changement dans les conditions de l'existence, dans les moyens du progrès 26.