‹ Le Christianisme experimentalChapitre 47 sur 163 · DES PEINES DE L'ÉTERNITÉ · texte numérisé non relu

DES PEINES DE L'ÉTERNITÉ

Entre ces deux progressions 15 et ces deux éternités, toutes les créatures sont placées.

Dans ces dernières observations, nous venons de sonder la justice de Dieu. Selon le langage religieux ordinaire, Dieu juge, punit et récompense t6. Mais les idées de châtiment et de rémunération, inapplicables à Dieu, ne sont qu'une des formes de l'anthropomorphisme, de cette erreur qui attribue à Dieu ce qui est de F homme. Le méchant se punit 17, le fidèle se couronne, et la justice de Dieu consiste simplement dans le soin qu'il prend de ne pas laisser s'interrompre cet ordre nécessaire, une des causes secondes, une des lois constantes de l'univers moral 1S. Toute créature progressive est nécessairement douée de la force sensible ; il faut qu'elle puisse savourer son progrès ; sa force sensible est satisfaite par ce progrès même : il y a bonheur; sinon, la force sensible ne peut se satisfaire : il y a malheur et souffrance. Le fruit défendu est agréable à la vue et doux à la bouche; mais l' arrière-goût en est toujours amer. En tout ceci, la part de Dieu n'est que la Providence ; certes, elle suffit à sa gloire t9.

Toute action, c'est-à-dire tout produit de l'activité a des suites plus ou moins directes, plus ou moins lointaines, et les suites sont conformes à l'action.

Les récompenses et les châtiments sont donc, aux deux alternatives de l'activité, ce que les effets sont aux causes.

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