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si grande en effet que malgré la prescience et Tomnisavoir de ce grand être, il parvient, quoi- . que furtivement, à se glisser dans son jardin, à troubler la paix des deux êtres quil chérit, et par suite celle du monde.
Je n'en redoute pas moins que tout ce que j'ai dit dans cette remarque ne paraisse au plus grand nombre qu'une conjecture, et même une conjecture très-hasfirdée ; mais ceux qui ont médité sur les mythologies des premiers âges en porteront un autre jugement. Ils penseront, parce qu'ils auront comparé toutes les idées émises sur ce sujet, qu'il a fallu plus qu'un simple fruit dérobé dans un jardin par la main d'une femme, pour ouvrir la porte fatale qui a introduit le mal dans le monde; et, pour nous renfermer dans les bornes du christianisme, il faut que ce mal ait été bien grand puisqu'il a fskllu pour l'extirper le sacrifice d'un Dieu.
Ce que je vais dire maintenant n'est plus une conjecture, et exige la plus grande attention.
L'Éternel dit à Adam, ch. 11 de la Genèse, v. 17 : « Quant à l'arbre de la science du bien et a du mal tu n'en mangeras pas , car dès le jour «tjue tu en mangeras tu mourras de mort. » Or Adam a mangé de ce fruit et il n'est point mort ; vécu plus de neuf cents ans après sa désobéissance. Il est évident d'après cette remarque
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qu'il ne pouvait être question dans la menace de rÉternel de la mort telle que nous l'entendons. De quelle mort s'agissait-il donc? Il ne peut exister à cet égard aucune espèce de doute ; il s'agissait de la mort de l'ame, ce qui se trouve parfaitement d'accord avec la doctrine de Moïse, qui n'a jamais fait mention d'une vie à venir. Jésus, au contraire, en a parlé expressément, et cela devait être puisqu'il était lui-même le restaurateur de cette immortalité qu'il apportait à l'homme en le replaçant dans son état primitif d'innocence, ce qui était au-dessus du pouvoir de Moïse.
Telle est l'immortalité qui avait été promise à Adam et à sa postérité, et dont il aurait joui s'il n'eût point péché, c'est-à-dire si son ame ne se fut point souillée par le meurtre, si le sang n'en eût point éteint la lumière. On ne peut l'entendre d'une autre manière. C'est par une grande méprise que l'on a cru que c'était l'immortalité sur la terre, chose évidemment impossible. C'est l'immortalité hors de la terre, immortalité fondée sur les observances dont je parle dans tout cet écrit, et qui, aux yeux des chrétiens, n'a dû commencer qu'à la venue du Christ (i). Ainsi
(i) Il est de croyance parmi les chrétiens qu*aucun homme n'a pu jouir d^ la vue de Dieu avant la venue du Christ. Les
tout se lie et s'éclaire d'une lumière réciproque ; et ce qu'il y a de bien remarquable, c'est que le même sujet soumis à une discussion philosophique donne absolument le même résultat, savoir, que l'immortalité hors de la terre ne peu exister avec le meurtre des animaux. J'en donnerai ailleurs la preuve, j'oserai dire mathématique.
Je n'ai plus qu'à répondre à une dernière objection qui se présente naturellement, et que je dois prévenir; la voici : Si l'on ne peut être chrétien qu'en vivant des seuls fruits de la terre, comment feront les peuples qui n'en possèdent point assez pour leur consommation ou qui ne peuvent s'en procurer par des échanges? Il faut qu'ils renoncent au christianisme ou bien à la vie. Je vais extraire la réponse à celte objection d'un ouvrage où j'ai envisagé la question sous le rapport philosophique (1), la philosophie aya^t ici
plus distingués aux yeux de Dieu étaient dans les enfers ou limbes, d'où ils furent retirés par Jésus qui les mena avec lui dans le ciel; ce qui est exprimé dans cette belle ima^e : Videho dormientes,
(i) Thalysiey ou le système des Êtres , en six vol. in-8^. Les deux premiers volumes contiennent les preuves physiques et morales qui appuient ma proposition. Les deux ' suivants, desquels j'ai extrait ce que Ton vient de lire, , renferment les preuves tirées de toutes les religions, avec un jugement sur ces religions. £uGn les deux derniers
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le même intérêt que la religion..... « Prenons la position la plus défavorable, celle des pays où il ne croît pas une seule plante, non pas même cette mousse du renne que l'homme ne compte point au rang de ses comestibles, mais qui, digérée par le premier animal, fournit à l'autre
' un lait si nourrissant et si doux. Eh bien, je crois pouvoir affirmer que malgré un obstacle si puissant, non seulement on y pourrait vivre sans être obligé de recourir au meurtre, mais iencoré que l'on trouverait dans ces pays une abondance égale à celle des contrées que le ciel affectionne le plus. En effet la mer jette régulièrement sur les bords de ces régions désolées plus
' d'herbes de ses vastes jardins, que ses habitants n'en recueilleraient sur leurs champs de neige, s'ils pouvaient les ensemencer. Elle en donne mille fois plus, comme si la nécessité était mille fois plus pressante que le ciel ne verse de manne dans les déserts qui avoisinent l'Horeb et le Sinaï; et il est assez remarquable que ces substances ont le même caractère de douceur ou d'onctuosité également convenables au chaud et au froid extrêmes, sans vouloir attribuer à ce
volumes présentent, avec une histoire générale de la terre, rétat des êtres pendant leur vie et après leur mort. Les deux premiers volumes, formant un ouvrage complet, sont pi^éts à être publiés.
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fait rien de providentiel ^ puisque la terre es^l aujourd'hui si différente de ce qu'elle était lorsqu'elle fut créée, mais elle a conservé, elle conservera toujours le principe d'harmonie que la Providence lui imprima en la formant, et c'est à ce principe que l'homme doit rester constamment attaché. Je suis si loin de penser que la mer jette ses herbes sur les terres du pôle pour y remplacer celles qu'elles ne produisent pas, que je crois fermement que tous les pays où il n'existe point un certain ordre de végétation 9 dont le bouleau au Nord et le palmier au Midi forment les limites, sont absolument inhabitablés pour l'homme, par la raison que la Divinité en est absente. S'il y vit, ce sera avec une infériorité contraire au but pour lequel il a été créé. On s'attachera donc à préparer par degrés la retraite de ces hommes plus infortunés qu'ils ne le croient, en relevant leur intelligence au moyen de ces plantes gélatineuses dont j'ai fait mention, ce qui sera d'autant plus facile qu'elles ressemblent à beaucoup d'égards au poisson dont ils se nourrissent exclusivement. Et je les croirais tellement suffisantes pour remplir cet objet, que je ne pense point qu'il fût nécessaire d'y adjoindre les œufs du pingouin, aussi communs' sur ces parages que le sont les pierres dans d'autres contrées, ce qui annonce de la part de cet oiseau
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une prise de possession qu'il faut se garder de lui disputer. Guidés par un nouvel instinct qui les remettra dans la voie perdue, ils cesseront peu à peu d'avoir un attachement aussi invincible pour leurs solitudes de glace, parce qu'ils éprouveront d'autres besoins. L'intelligence est cosmopolite, et partout où elle existe, l'homme trouve une patrie. Bien plus , il suffit qu'elle s'élève d'un seul degré , il n'importe dans quel lieu, pour que ce mouvement d'ascension se communique de proche en proche à toute la terre.
Quelle gloire pour les peuples qui donnent cette impulsion ! quelle vaste carrière pour les hommes dont la noble passion est le perfectionnement du ft genre humain ! »
^k Voilà la fin de mes remarques. £lles étaient
^Rlécessaires pour compléter une doctrine reli-
^^gie»se qui est maintenant , je pense , aussi claire
r que le jour. Je me suis souvent représenté la
joie qui avait dû éclater dans l'univers, lorsque
cette loi de Théodose y fut promulguée : Que
wjes animaux soient respectés , que nul ne se souille
\de leur sang, qu'aucune bête innocente ne soit
pise à mort. «Nemo se hostiis poUuat, neino in-
ipntem victimam cœdat. » Cette loi de Théodose
n'était que pour les demeures de Dieu; procla-
tjpions-la de nouveau, en y comprenant , je le ré-
rpète, celles des hommes, ces proches parents de
8a I.E CliniSTIANfSMK KXPLÎQUK.
hi Divinité. Elcvons-h^s h In hauteur du temple, et que désormais tout soit grand, bon^ j^^c ^i saint sur la terre comme nu ciell
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