‹ Le christianisme primitifChapitre 12 sur 77 · SA PREDICATION · texte numérisé non relu

SA PREDICATION

mait autrefois nous l'indique. Il va de ville en ville, sinstalle chez des amis quand il en trouve, (( travaillant (c jour et nuit à fabriquer des tentes et des manteaux « de crin », pournétre à charge à aucun de ceux parmi lesquels il prêche « l'Evangile de Dieu^ « Y a-t-il dans le pays où il s'établit une synagogue ou un oratoire ? Le jour du sabbat, il ne manque pas de s'y rendre : ce sera son point d'appui. La synagogue lui est-elle fermée ? Il lui reste les théâtres et les académies, les basiliques et les prisons, les places publiques ou les ponts de navire. Tout lui est bon pour annoncer la résurrection de Jésus, c'est-à-dire la venue, le sacrifice et la victoire du Messie : nulle fatigue, nul danger ne peut l'empêcher de clamer au monde la grande nouvelle. Lui-même latteste- : (( Serviteur du Christ, je le suis plus que (quiconque): j'ai « peiné plus que quiconque et plus reçu de coups, et « plus enduré de prisons et affronté plus de fois la mort. « Des Juifs, j'ai reçu cinq fois différentes les trente-neut « coups de fouet et trois fois j'ai été battu de verges; « une fois j'ai été lapidé; trois fois j'ai fait naufrage ; j'ai (( passé unjour et une nuit au fond de la mer; des étapes « et des élapes de routes, des dangers et des dangers, (c et les rivières et les voleurs, etles juifs et les païens, « etles cités etles déserts, et la mer et les faux frères, « j'ai tout enduré; j'ai peiné et j'ai souffert, j'ai eu som- « meil, j'ai eu faim, j'ai eu soif, j'ai jeûné, j'ai eu froid,

' I Thess., 2, 9.

- II Cor., 11, 23 sq.

((j'ai été nu... Dieu, père de Notre Seigneur Jésus-Christ (( — béni soit-il dans tous les siècles — sait que je ne ((mens pas! » Lamour passionné dont il l'aime se décèle à l'ardeur de ces paroles; une flamme intérieure le consume ; elle jette dans tous ses écrits de mystérieuses lueurs en attendant quelle illumine son martyre. On comprend qu'il s'écrie un jour : « Si Dieu est pour (( nous, qui donc sera contre nous?... Qui donc nous (( séparera de l'amour du Christ? La tribulation? La ((misère? La persécution? La faim? La nudité? Le (( glaive?... Non, non; nous triomphons de toutes ces (( détresses par Celui qui nous a aimés, et je vous (( assure qu il n'y a ni mort, ni vie, ni anges, ni puis- (( sances, ni présent, ni avenir, ni hauteur, ni abîme, (( ni créature au monde qui nous sépare de l'amour de ((Dieu qui est en Jésus-Christ Notre Seigneur, i » Et cette puissance d'amour qua exaltée en lui sa rencontre avec Jésus se déverse sur ses frères humains, aussi bien que sur le Père qui est aux cieux. (( Quand (( je parlerais toutes les langues des hommes et des (( anges, si je n'ai pas lamour, je ne suis qu'un airain « qui sonne, une cymbale retentissante. Quandj'aurais (( le don de prophétie, que je pénétrerais tous les mys- (( tères et posséderais toute science, quand j'aurais (( toute la foi imaginable, jusqu'à transporter les mon- (( tagnes, si je n'ai point l'amour, je ne suis rien. (( Quand je distribuerais tout mon bien pour la nourri-

' Rom.. 8. 31-39.

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