‹ Le christianisme primitifChapitre 52 sur 77 · L\ PENSEE CHRETIENNE · texte numérisé non relu

L\ PENSEE CHRETIENNE

Mercredi et du Vendredi qu'on appelle des stations*, sont assurément louables; mais « le grand jeune, le « jeûne agréable au Seigneur )), c'est de vivre « une (f vie exempte de toute malice, servir Dieu avec un (( cœur pur, garder ses commandements, marcher c( dans ses préceptes, ne pas laisser les mauvais « désirs s'élever dans son cœur, m Hermas ne blâme pas le jeûne considéré comme œuvre de pénitence ; il blâme les nouveaux pharisiens qui mettraient leur confiance dans laccomphssement dune observance matérielle. Il est même remarquable qu'il entre assez avant dans la doctrine de la mortification. Le fidèle peut dépasser les « préceptes », suivre les (( conseils » donnés par Jésus, et se préparer par là dans la gloire de Dieu une particulière récompense. « Observez les ce commandements du Seigneur, et vous plairez à a Dieu... Mais si vous faites quelque bien qui dépasse (c le commandement de Dieu, vous vous acquerrez à (( vous-même une gloire suréminente et vous jouirez (' auprès de Dieu d'un crédit plus grand que vous ne « pouviez l'espérer. »

Parmi les recrues que faisait le Christianisme, il s'en trouva qui étaient philosophes ; à leur philosophie

• Sim. 0, 1, 1, 2. — Voir Didachè. 8: 1: Can Hipp., 20, 154: TertuUien : de jejunio. Le jeûne pascal est sans doute le seul jeûne obligatoire alors.

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les nouveaux baptisés juxtaposèrent leur croyance : on les appelle les Apologistes.

C'étaient des philosophes élevés dans l'école, ce Quadratus et cet Aristide qui adressaient à Hadrien et à Antonin les premières défenses et les premières expositions du Christianisme où fussent visés les païens. Saint Justin est né dans une famille païenne, en Palestine, dans les premières années du second siècle ; il a fréquenté tour à tour le Portique et l'Académie, les Aristotéliciens et les Néo-Pythagoriciens. Le stoïcisme ne l'a point satisfait, faute de lui rien dire de Dieu ; le pythagorisme ne l'a pas retenu, parce qu'il prétendait le conduire à la philosophie par l'étude de la musique, de la géométrie et de l'astronomie ; mais le platonisme la charmé et l'on peut croire quil en a quelque temps professé les doctrines. Un jour, pourtant, se promenant sur le bord de la mer, il rencontre un vieillard vénérable qui lie conversation avec lui, l'oblige à convenir que le platonisme lui-même est impuissant à contenter l'esprit, à remplir le cœur de Ihomme. « Voulez-vous donner la paix à votre àme, a poursuit l'inconnu : de l'école des philosophes, (( passez à celle des Prophètes; c'est dans leurs écrits « que l'on puise la connaissance du Créateur de l'uni- « vers, de Dieu le Père et celle de Jésus-Christ qu il a « envoyé. » Saint Justin suit le conseil qu'on lui donne; mais, devenu chrétien, loin de rougir de ses anciens maîtres, il se plaît à montrer dans le Christianisme cette philosophie éternelle qu'ils ont plus ou

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