‹ Le ci-devant noble, comédie en trois actes, en proseChapitre 16 sur 32 · AI · texte numérisé non relu

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des menus plaisirs du roi. {hiuL) je tache d^ctré juste , monseigneur ; mais qui ne seroit que juAe , scroic extrême et dur.

LeBàkon.

Il le faut pour tous ces mains-mortablcs , pôut tout CCS vilains corvéables par iiature, et je prétends , M. le bailli i que tOfet totufier , à tortipter de te jour ^ me salue le premier lorsque je le reûtbntte ; que Toti mfe tétiAt Ici honneurs q^i rti^ sont dûs : non que je Aie sôutié ali fotid du coii^ de chapeau , mais pour ployer Otite roture rébcUt à une subor4ination nécessaire. .-..,:

- La civilité , en et ca*^ , m-dnseîgneur , obtfent toujours beaucoup plus que la force. , * Personne ne vous refusera le sakit quand vous le voudrez.

Lè' Sa h on.

Vous prenez h^bitueUcitiint fci défense des roturiers , de tous ces tnanans. . . N'oubliez jamais que c'est moi qui vous ai donn^ le pouvoir de

rendre la justice , gardez-vous sur-tout d'en

abuser. . . que Tbr ne vous corrompe point*

L^or « monseigneur , et qui voulez - vous , qui m'elii donne ?

. Vous ignorez pcut-ctrc encore la distance qui nous sépare?

Le Bailli.

Monseigneur!

Le Baron.

Savez-vous que je suis ici l'image du roi ; que je le représente ? . . . quHl n est après tout que le l^us heureux de la grande famille des nobles , et par le sort enfin qui Ta fait trôner.

Monseigneur!

Le Baron.

N'âvez-vous pas vu votre pasteur m'offrir Teaujbcnite et l'encens ?

Le Bailli;

Oui , monseigneur , tout l'univers la vu.

Donnez donc, dès aujourd'hui , à tous mes vas* saux l'exemple de la soumission et du respect.

Le Bailli, s inclinant profondément.

Monseigneur ! ( il s'écarte. )

Le Baron.

Revenez vous avez fait sans doute Je

procès

'(49)) procès à ce misémUe quiîa tui mes lièvres ?.*.

•. 1 : 1 -, . > l-TE ,B' A i l; L. û -■ î ";'r

fû fait ma charge. . ; On vous ramènes., le voidr ^ «'• ftiWdneeic*

, s C Ê N E V I IL.

tE JkAlLLlV LE.B ARON:. IJN- PAYSAN , enchaîné avec des cordes et gardé à vue. Ptiaièt&s antres paysansl ' ^ •• ^

Le B À'R o n , toujours dans un fauteuil:

£«H l^ien.! que résulte-t-il de, rinformation cjt du procès r • . voyons. . . si tout cela est en régie.

LeBaillk Il est convaincu en effet ,r monseigneur^.,.,.

Oh! bien! bien coa^nc^I.» oh! tu^con-

^«raincu.^. ...... . f '), T:-- -:: • '. ^ , ::;0 -

, , ' ^ Lji. B.Aj.^L.f- I. r.'. ,..i

. P'j^yoir ;tu4 un tièvrj^iit}r^fe$dl:erres.de mosisei'- <^]gaeur > rfti S^ * ^^ ^^ coUrtMttm jqu il lui^a Jancé de Iqiçi ave^ une t)cès*cQupahl;£l adresse. .

. \ Lr B'A Rb-N.^

■Mo)

Pas tout-à-fait , . monseigneur , car le nombre » .d'après^ tous les ju^FÎste^, rendroit 1^ .4^i(ibîPs(»qoup plus grave. . • . . il vient v©us «uppli^ri^t YQua dc^ mander grâce. . ,

Le B a r o n^

Te vôîlà donc , coquin ? qui oseà ^toucher i n(Ci. Ji^vjes ! ; ohj! jp, te ferai pourpf liinsAjftes: ca-

Pard^onnez-lui , monseigneur; il a.ft% cnfiins. «^

Cst-ce moi iqui les ai. faits » ces enfan^ ?,

C'est pour ces six malheureux .rejettons , jponseigïifctiri *quiï a mis Té lièvre au pot, dans une saison excessivesKcotnrigdùreiisé.

..;r:; ^: • : ! ! ) . .Lji- B'A R-O N.- * m i I ! .: >

Oui , oui ; nourris de mes lièvres , • quîinxï ils

seront grands ; ces ïnâudits enfans feront tout

• xomsDe leur père ; ils(dèvaâteiront; ràVagierdht/ pil-

MerAntines terres. . l Un exemple ici; ilh eietaiiile

sévère paur tous les m^nans néà *l^ à'^àilarfe^ ' '

L E P.A;Y «;A fî , loçecjierté.

Je ne doutons ppiçt: de XQtrc y (utilité fi cet

égard. . . mais je. ne vcxulons point ici ^ous servir de spectacle plus long-tems ; je ne voijis suppjijûns pas pour avoir notre grâce : non; faites-nous plutôt xonduire où nouï devons être. . .'. . nous serons beaucoup' mieux là qu'en votte présciice;: • ' T

Le B.a ît o ^. \ ■

, Insolçntî oh ! on te fera ch^n^cr dq ton. . . .,• Voyez, dpuc ?;,ccst du lièvre, qu-il faut i la table, de ces drôles-là !

V Eh! pcÉirfi^:! : votre lièv«,:p9Jir.U cinqii^antièftie fois , peut-être avoit été friand de nos cbQ^^-:qq<5î nous aivons plan.t:çs,.» ^rirlis^iarrQlés ; nous avion* été friands ^^Qtre jtoui:.dA,tâfer^un.p.e.u^^^^^ il étoit gr^s de notrç potager, y. et iLnous a paru^'

^ ïinp^t'tincîît ! iaisiiu (Juc'tû es dev^ntton juge , Hiaîtrii et seîgùeiit?

LePay^an,

//; o 1 A ci :. '

Je le savons ; je vous connoissons bien sang doute ; Vous faites moins de cas 4'un homme que d'un lièvre ; il vaudroit mieux , Dieu me pardonne, avoir tuél^u^ ^iie* lauti'e ; les suites en serbiciîtso^Vt«:t'nttôii)iï^fâtbcUfièà/ *

Da

Le B a iLtî, iùuthai.

*^ Tîus-toi , GuUlot, tâis-toî. . . tu Tirritcs. ; .

,. Le P A Y s A N.

Eh ! que cdal me k^itvil.k moi , dws Texcès de; ma peine « et quand je suis au désespoir de ma vie ? Loin de me repentir d avoir tue un de ses lièvre* longeux , je nous consbleriôns de la prison de six mois , 'si |e les avions tous détruits et jusqu au dernier. ....

Lr RA^Riolîl^

^ AH ? ^h ! patience:? 4M te^feia bientôt chanter smtrementé

Le Pa'y s'A'N, . ^ ' • ■'• ' Jk savons que dans tout votre canton i on prcftrc untf'perdrix à un paysan : on mange une perdrix , d'accord; mais l^es 'grands ne nous' màng^entils pas en détail, .Cîi^viy^fîde nos travaux journaliers ? et ne méritoqMious pas protfctioia, autant que les pcrdifix qu on laisse du moins vivrç ^bon-. damment jusqu'au tems qu'on les tue.

Le Baron.^* Cest un raisonneur ^ je croîs , . . * 6h f parbleu , tu payeras cher f . T. . '

Vous ferez de iiou&ce quevii^us YP^dr^..... npui:

^oiîâ: présentement en, votre puUsançc , puisque Dieu Ta voulu ainsi ; mais je n y serons pas toujours. . . et quand je serons libre. . . alors nous fuirons de vos terres bien loin et même du royaume^ 'que vous seul^vous nous aurez fait maudire»

Le Bailli, intercédant.

Ah ! monseigneur , n'écoutez pas ce qu il dit dans son désespoir , qui 1 aveuglé»

Qu'on emmène ce coquin^à ; qu'on le charge déchaînes , et qu on ne lui laisse que la respiration ,delii>re. .: ; ^:

L,eBailli>

i Monseigneur ,n écoutez pas votre colèx«s| est dans la douleur et dans son délirel

Qu on le mène dans mes priions. • . vous dîs-jc*^

Le B Ai l li.

De la clémence, monseigneur, de la dcmçic'c, si ce n'est pas pour lui , pour sa pauvre fainiUe qui est sans pain. .»• Une femme » six enfans aban^ donnés à la misère , et 4ui n'ont que lui pour sou» tien î . . ; Demandez tous grâce pour lui , mes eh'fans* • . mettez-vous à genoux^ . . , >

" FôÙLfe DE Paysans, se mettant à gèuôux.'

.Grâce! grâce! grâce, monseigneur! grâce! il a six enfans. . . . pardonnez -lui d'avoir mis votre lièvre . au pot ; il ny âyoit rien ^lors à naanger dessus la terre.

, L. E B A R o N , 3^ levant , courant à ses armes

Une révolte, à moi., mes gens, une révolte 1

FouLEDE , Paysans.

Eh ! ,nous sommes tous à genqux.

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