‹ Le ci-devant noble, comédie en trois actes, en proseChapitre 15 sur 32 · LE BARON , LE MARQUIS , CONSTANCE · texte numérisé non relu

LE BARON , LE MARQUIS , CONSTANCE

Le B a r o n , ^» entrant , à un valet.

Allons , prends mon fusil. • • ma foi , c'est bien tirer, . • nous avons fait la plus belle chasse ! • • • plus un chasseur est chistrgé , plus il revient leite

et gaillard. . . quarante rcjuatre pièces pour moi^ compte! . , •

Et moi, s)l vQu^ pja^jt,.tx;pnfc-<içij3^^

Sans CCS Gaquîiis de braconiers , j auroïs le gi-i tScr d'un prmcc. . . j'en coucherai en joue quel? qu'un au prôînîer jour. . . dieu nie damne.

Lf ^ A RiÇyU is.

Et ^oi , je you4^9i^ , pojur ma part « en rov^yer Sfpt pu ;buit; wx. £^è|re^ « au nom de la justice,

Maïs tous ces paysans qui sont oisifs après \tg corvées , devroient bien nous servir d'autai^t de ■ garder de chaise. . . . ^u en pensez-vous ? ...

JL E M A R Ç^U I s,

Sans doutCr . . oh ! cela. viendra; la noblesse. . , ah ! ça, c'es-t^nangé comme pous l'avons dit. . » ma teac. , , .

Votre terre ! bon !

Le hl A a Q^ij I s.

Vmi$9 :d0naÈiQq;'qb^ol|iç , entière aux d^sccnt

(39) dans. , • dcshéritaïit tous collatéraux. . ^ açssi j aticuds que. . . ah ! b.cau-pèr.c ! .

Le Baron, à voix basse. •

Je vais lui annoncer son mariage. . . ( à sa fille , in s asseyant) aUons, je suis fatigué ; qu'on me tire Qics bottines, [Constmct tin Us bottines de son pire. ) H y a des jgens qui sen^elcqt des affaires de f^jUp. sans qu'on les en prie ; mais Ip ipaître absolu commande , et tous les beaux projets s'en vont en fumée : parce que ton oncle est arrivé ; ah ! ah î te voilà , tu te croi3 forte av,ec lui, n[tarchc droit plus que jamais , je te le cojaSieille ; il a de$ idées roturières, ton oncle ; jl me /ait pitié tant il e&t étranger à l'art héraldique, {com^^ elle s'éloigne) viens ici. . • ne m'entends-tu pas ?

LeMarq^uis, à pari.

Il faut-quc j'intercède pour çlje. (haut) Allons , papa , de la douceur , pour cette aimable enfant. Vous ne voulez pas non plus en faire une religieuse ; çt seroit bien dommage! [a part) qXicllc taille!

Oh ! parbleu ! à la moindre désgbéîssancc. . , , les nobles ont-ils des filles , eh bien ! ne voilà- t-il pas que des vilains osent insolemment lercr les y^ux jusqu'à elles : tu dcvroîs me rendre grâcç de

n'ctrc p^s sous la grille , à Tabri de cts Ttgàtâs profanes et téméraire». . . je pense bien qup tu en est choquée la première , mais les cloîtres d'ail* l^rs sont bien imaginés comme un rempart. « ^

J'espère que mademoiselle n'aura point cette vocation. . . Interrompre un si bel arbre généalogique! tant de grâces , de beauté ! r . .

Un mari ne doit être vu , pour la première fois, par celle qu'il épouse, qu'au moment où le père, secondé d^un prêtre , la conduit à Tautel pour la remettre entre les mains de Thomme noble qu'il aura choisi.

Constance, rf part

Je suis perdue! . • voilà ce que je redoutois.

Le Març^uis.

Ah ! mademoiselle est trop bien née pour ne pas sentir les distances , et ce que vous ferez pour transmettre intacte toute h pureté de son sang , de ce sang illustre qui remonte jusqu'à Charlemagne... et qui même avant. ...

Réponds dignement aux soins que jVi pris de

Ifc conserver pour quelqu'un qui compte des ayc^ux, lesquels ont vu naître la monarchie, et prends. garde sur-tout de te croiYc soutenue par Tartivée de ton oncle. . . il me déplaît. . ^

Constance..

Vousf save2 , mon père , que jamais ma timide voix n'a ose contredire aucuns de vos ordres ; je me réjouis de Tarrivée de mon cher oncle ; mais je n ai jamais reconnu d'autre autorité que la vôtre ; et j'y suis entièrement et éternellement soumise.

LeMarq^uis» >

Oh ! papa ! on ne ^auroit mieux répondre, convenez-en ; vous voyeï qu'elle est très -bien ^disposée à nejamais avoir dVutre volonté que la vôtre. {A part.) Je ne me sens pas d'aise ; les palpitations de son sein. . . ,

Le Baron, a j^ JilU.

Allons ; levez les yeux : regardez monsieur le jenarquis , regardez-le ; vous m'entendez ?

Constance, inurdite.

L'amour , mon père , est nécessaire en mariage autant que l'obéissance dans Tétat de fille. . »

Le Baron.

Mauvaise réponse : Tamour est une passion , et

un

une fille honneU nf^ doit jioînt ^yoif 4^ fl^^9^^^^

lamour viendrîi , il vi^nt ^s^ç^. ' .

De grâce , ncia grondez pas , cher papa ; clic fera tout ce que ypq^ pr^9nfiefF^j, ; il faut pardonner à la prenièTC surprise. • , .la pudeur. . . elle s-oupire. ... ah !

Le Baron, d'un ton goguenard.

Ma fille, qu^un nian'^de soixante ans ne te fasse point peur; il tire avec une adresse et il chasse avec une ardeur ! . . .

Le m a r q^u I 5.

Oui , mademoiselle , j'en vaux bien un jeune; j'aspire à vous posséder dans ma terre : op a bien raison de dire que les sçntimcns élevés n'appartiennent qu'à la noblesse. Vous avez le cœur un peuhaut , mademoiselle, c'est ce que j'aime. % . , insensiblement v les pcrsonrics qui doivent fondre, dans un même lien , le sang de leurs maisons , ne peuvent s'éviter. Vous ne repondez pas. .^. ah ! j adore, jusqu'à votre silence : permettez que je l'interprète. . . Je veux Taisser à un autre moment.. {embrassôni U baron. ) Adieu , cher baron , adieu ! {à demi-voix.) la construction engageante de sa taille! elle ne manquera pas d'être mère , jç vous

TWÇ

L £ B A 4t O N ,• fliiM,

- /ViNSi, ton oncle est venu fort à propos, et jo m'en réjouis ; il verra ce dont il me pressoît si fort pax^ses lettres. • « Qu ii jae s'imagii^e ^s <3[ut vaincu par ses sollicitations , je t accorde^ . . non • non. . ^ il n'y CHtre pour rien, ca^ autrement il en .seroit peut-être orgueilleuse^ . ^ Tai notes raisons; et moi seul les sait. Je ne v^ux, tu le sais, d'autre répoijse qu'une prompte obéissance, [Constance salue et se retire. ) Voilà comme Fon conduit les enfans , ja^ m94&lc& consulter; ordonna: et jeju* laisser jc^âuite Je mérite de la soumission, . , Qu'est-ce que çfila?'

<■ ' i' ;' Ji II m mm , ■ .1 Bf

/ \ se fe N E VI. ' [

lE J5A.R0N, UN FERMIER, ii^wjfo quelques autres,

LeFxamier,

PERMETTEZ que npMS. vous expliquions la vérkè

du fait ; vérité plus claire que le jour iiui aous

(44) Ittit. . . Il y a une jasttce dans le monde peut-être comme il y a un soleil au firmament, pour tout éclairer. • . ainsi. . •

Le B A R o N.

Une justice !.. . je suis la justice , puisque je suis ton sdgneun . . ah ? ah ! l'on dit, et je le vois , que tu fais le mutin^ . » je ne les aime pas , je t'en préviens. . . prends-y garde.

LeFirmier.

Mais , monseigneur , nous ne vous devpns pas cette redevance ; permettec-nous de plaider notre bon droit en face de la justice.

IrE B A R O Nw

Encore tu parles de justice devant moi ?

LeFermibr*

Elle appartient à tout le mondé , tant pathrte fat-il.

Plaider, plaider , maraud ! \prmant un hàton.) tiens , voilà le juge du liieu ; cVst moi qui le fais prononcer , {prenant un autre bâton, ) et voilà ïc juge d'appel.

Le Fe R M I E R.

Mais, vous, monseigneur, qui traitez ainsi vos

(45) justiciables , voui piaidez bien quand on vous atcztque injustement , avec plus haut que vous ; les hommes ici bas, sont toUr-à-*t.our, gtands et petits; ainsi» ne pouvons-nous pas plaider contre vous sans votre permission ?

Ne raisonne pas. . • sais- tu quels sont mes pro« cureurs , mes huissiers , mes avocats ? Regarde ces fusils , ces sabres , ces pistolets , ces hallebardes. . . Je vous mettrai tous à la raison » drôle$ que vous êtes. Que quelqu'un remue. [Lesfcr^ miers restent interdits. )

Le Fermier, aux siens.

Ah! mon dieu ! mon dieu! il est toujours le plus fort , et nous avons beau avoir raison , il nous assomme , puis , il nous ruine encore après ; ainsi « nous avons toujours tort.

U N A UT R E F E R M I s R.

Ah î qnellc malédiction dans un pays que cet JhpmmeJà!

Un autre Fermier.

Et la justice ne peut pas empêcher les injustices: qu^est-ce donc que la justice ? Dis , toi ?.. , "

UnFsrmier. \

Je croyons qu'il n'y cii a que pour ceux qoil pouvions la payer grassement ou la command^er*

LÉ BARON , LE BAILLI , suite du BaillU

Lf B Ak<f M /

Mbffiiëirf l<f Êaillï. V&ùl hvèm^ fôujôufs'lcs Jïiysairsr , qui à\i fond sdni dé màlîgriés bêtes : je Vous cii averrtis ; pxxk , iroti èiéi dVriç hêgligcncè exttême pcratk |)èrcéptt6n cîés droits sfeigncunaùxt

ht meilleur juge ne sautoit prondAcet au pè des deux parties* , . .

Lé B A K OWi

. Lsfîskfô-lel ftîfeV - , ; rctttf éàhaàîé însbftfritc ft tcbcllè finîta par vouloir Saffrk Ici gëfifs BBVci , vodi verrez venir echt». tt Votre* îndttl^erice triminellé en sera cause* • . Il se pasie <tcs choses korriblfcâ sur mes terres. . • des braconniers ! » . sans cè& eequinic là Ton ne .vctroit (Jt^^ des .fiuées de pcfdrix , de» troupeaux de lièvres , et je les tuçroiç., moi-, à coups de x:rosse , tout comme fait utj. prmcc da^ns son parc. ^ . et pourquoi pas ?

Lê BaIlLJ, à part.

1| voud^oit c^esoa jp^bier fût gardé comme gc\^%

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