‹ Le ci-devant noble, comédie en trois actes, en proseChapitre 25 sur 32 · ERASTE, LE MARQUIS · texte numérisé non relu

ERASTE, LE MARQUIS

jMOnsieur le marquis , un mot, s'il vous plaît. Le MarvlîJïs, intimidé.

Un mot , monsieur , à moi ?

Ouï ; à vous : îl est essentiel que nous soyons seuls.

LeMarq^uis.

Et pourquoi donc , monsieur , aeuU?

.GQQgk

(75) Eraste:"

ScToit-il yrai , monsieur , que vous m'eussiez fait l'injure de demander mademoiselle en mariage^ .au moment même où vous saviez que je ia^ rechcrchoîs.

L É M A ïi <iu I s.

Qu'est-ce à dire , monsieur ?

Si vous voulez Tobtenir, vous n'ignorez pas ce

qu'en pareil cas^ exige l'honneur , puisqu ici je vous

la dispute.

LeMarç^uis,

Vous me la disputez : je Tignoroîs , monsieur, je rignorois ; permettez-moi de vous le dire ; ♦ on vous a mal rendu la chose, , . il faut s^cxpliquer, car la promptitude gâte tout. . ,

Et voilà pourquoi je m'adresse à vous pour savoir. . ,

Je dis qu'il faut s'expliquer : , tout ce que je puis vous dire , monsieur , c'est que je respecte infiniment mademoiselle de Tempefiac çt la respecterai toute ma vie.

E RA 5 T i-

Vous le devez à tous égards, . * mais paflex plus clairement ; vous en êtes amoureux?

' LeMÂrq^uis.

Je n'ai point, dit cela , monsieur ; je n'ai point dit cela.

Comment : n'avez-vous pas cherché à l'épouser? /Je vous prie de vous expliquer là-dessus et sans détour.

Le Marq^uis.

C'est son père , monsieur , Son père qui m'a propose ce mariage ; en vérité , c'est lui qui me Ta proposé , je voua le certifie.

Monsieur le baron de Tempesac ? cela n'est pas vraisemblable ; vous Tavouercz. . •

LeMarowis. .

Je vous jure que c'est amsi. . . je lui ai bien dit quelques mots qui tendoient à une alliance ; mais îl ny a rien de positif , sur-tout rien de conclu : le contrat est encore tti blanc. . . [A part.) cela devicndroit sérieux, . . ♦ . point d'affaires de cette nature — .

?r. T-^Vrt

Je SUIS disfïosé , monsieur , pour peu que meé défflarth«s vous offensent , à vous en faire raison.^

Point, point ; nous sommes tous deux parfaitement libres... je serois au désespoir que nous nous fussions. manqué Tun à r^otre. . (Âpart.) Allàns retirer notre parole. . .

Si toutes fois voys croyez avoir des droits et que .vous voulussiez les faire .^valoir. . . je vous donnerai \ l&amhcvuou pleine et entière.

■'. '..'.-. L £ 'M 'À H .çL'U I s.

Je n'en vois pas .1^ néoessîté, monsieur; permettez-moi que je vous le dise ; je n'en vois point la nécessité. ... {d part , m sortant . ) Je me veùgerai , dussé-je être décapité..

.se EN E V I I.

£ R A s T E , seul.

V Ô I L A un de ces rodomonts qui' battent Ici paysans , font trembler de petits commis et ne j)arlent à tout propos , que de coups d'épée; . • Je le vois, rhotpjpejdiartrbisarrc. AffcotoM de

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C 78 T la tranquillité , mais mon coeur n'a jamais ctc dans pne agitation plus ttuelle. '

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