LES PRECEDENS , LE BAILLI, LES PAYSANS
Constance.
V Encz , venez , mes amis » intercédons tous notre honoré seigneur , pour la délivrance de ce coupable brâconier ; car il feut avouer qu'il est immensément coupable ; et vous , bailli , dont 1 éloquence est si connue , parlez en sa faveur , afin que le .plus juste ressemtiment tombe et s*appaisc.
Le Bailli«
Voyez , monseigneur , voyez tous les noms illustres que consacre Thistoirc , depuis Romulus jusqu'à Titus et Marc-Aurèle ; ils sont tous fameux par des actes de démence: le pardon d'Auguste , si célèbre, encore de nos jours ; et voulez-vou§ que roi^ dise, que Ton imprime, dans Thistoirc qui va parler de vous aux siècles futurs : le jour du mariage de sa Jille , jour marqué par V allégresse de la province , il a retenu , dans l'obscurité profonde des cachots , un infortuné vassal , qui , du fond de son abîme , lui crioit miséricorde.
( 99 ) Paysans.
Miséricorde , monseigneur ^ miséricorde f . . • . Çuîl sorte de prison pour célébrer ce grand jour.- Toute la province a les yeux ouverts sur vous. . •. nous respecterons vos lièvres. . .
Un Paysan.
Vos lapins. . .
",jt^ ^Un A U T R E,
Vos pigeons , vos perdrix, . ,
Vos canards. . . . vos oyes. . . . toute votre famille. .... monseigneur , monseigneur , miséri^ corde. . . miséricorde !
Allons : ces malheureux historiens prendroîcnt et rendroient les choses tout de travers ;'îls fcroîçut de moi. . . et je ne serois pas là pour les châtier : qu'on le délivre; et de peur que les autres ne se targuent 'de cet excès de clémence , qu^îl^vo.ua en rende grâce , à vou$ , ma fille , à vous , mou gendre , et non à moi. • . .
j Chœurde. Paysan s.
Vive monseigneur ! vive monseigneur !
( loo ) Constance.
Cette générosité , mon père , ne blessera point votre justice.