L E B AR O N
Tu les a vus les portraits de mes quadrisayeux ; ces hommes d^armes, cuirassés, bottés , éperoncs, balafrant , balafrés : eh bien ! tous ces braves ca-* pitaines-là se savoient pas écrire.
£ I A s T E , saunant.
Partagez-vous ce mérite4à avec vos ancêtres?
Le Baron.
Eh ! qu est-ce que cela apprend ? Rien. . . .
Rien
Digiti
2p8le
( It )
Le Baron
I^e dédain âes Imet et de cette roture qm les compose , Tamour de la chasse , voilà Tappanage essentiel du véritable gentil-homme. ... Eh ! que ne fais-tu comme nous ; que ne viens-tu dans Tabbaye voisine , Ton y fait bonne chère : la table est dressée dès huit heures du matin , et jamais desservie. . . . C'est à qui préviendra Tennui. . . . point de bibliothèque poudreuse dans la maison.
£ R A s T £ , sur le même ten.
On dit que le cuisinier y est l'homme le plus important et le plus occupé ? . . . .
Le B a k t> n.
Sans dou^c , et bien leur en prend Que
feras-tu ici avec tes habitudes solitaires ? . . . Enfermé comme un hypocondre ; va plutôt lâire ta cour à des femmes, • . » Toutes celles de la ville soupirent » en ce moment , après toi. Â ton âge , j'étois téméraire , impétueux ; je ne m'amusois pas aux formalités des soupirs ; je b^usquois , je triom*< phois. ... Si tu avois l'ambition d'aller essayer le pouvoir de ta figure et de ta bonne mine. . . ,
Je m'instruis des devoirs de mon état, • • . Un officier doit se rendre utile à sa patrie.
L E B A R on;
. Mais , n'ctes-vous pas un aîné de famille , mcJn-^ rieur ?
E il A s T E.
' Oui.
Le Baron.
Et moi aussi , parbleu ! ainsi donc mon. cadet sl ' servi , il étoit fait- pour cela ; mais un aîné na doit pas servir , qu'au préalable on ne lui doijnc un régiment ' -
Le Màrq^uis, avec emphase.
Il y a.Iong-tems que monsieur de Tcmpcsac scroit général, s'il s'étoit donné la peine de servir*
Le Baron.
La fierté de l'antique noblesse est Tattribut de tous les aînés de notre maison ; ce n^est pas à eux de supplier la coût ; et ma fille , malgré son sexe , «cnt toutes les prérogatives de son extraction. . . ^
Le m a r q^u I s.
Oh ! c'est une admirable créature !.'... U est ^ impossible qu elle déroge. . . •
Qu'elle dérogé ! tublcu ! à six ans , clic donna
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un soufflet au fils d'un président qui en avoît huit, et qui avoit osé Tembrasscr à la fin d'un menuet, après quoi , elle lui présenta' noblement sa main. k baiser.
Le M A R Q^u I s.
Voilà une action qui attestoit sa dignité héréditaire ; et qu'on révoque en doute la force du sang î
Oui ; c'est mon sang qui agissoit en elle ; car iajcnère (je puis me vanter de deux quartiers de noblesse quelle avoit.de moins),... Aussi, les fautes de mes enfans ne procèdent, à coup sûr, que de leur mère» ,. , .
ERASTE,a part. . :
Quel rodomont bavard î Quel être ennuyeux j...; Fauthil que je .sois obligé d'écouter, de telles ab-» surdités! , r, • .
Le B'A r n. . • r
Je dis un peu cela ^ppur toi- , parce que dernièrement tu as fait , dit-on , quelques complimens à la fille -de la présidente.
Moi ! ^. . . Qui vous a dit cela?
Si tu épouses la fille de la présidente^ nou$ te ferons mettre l'épée à la main.
in)
£ ft À S T E , Mvcc fermeté.
Je ne tefuse pas de me battre quand on me provoque ; mais je puis vous protester que je n'ai ja* mais eu le dessein d^épouser la fille du président.
A la bonne berne ! . « • . J:e te crois Jtrop d'hon* neur pour te mésallier , j)jt>ur songer à la roi»e. . .
EiKAïTE.
Je vous ferai observer néanmoins que cet étaj: ne déroge pas ; il faut autant de courage , de fermeté de désintéressement pour porter , avec honneur , le glaive de Tbémis que celui de Mats.
Xa belle phrase! .... Maudits livres ! voilà ce qu ils inspirent ! , . • « Que c'est à bon droit que je les hais !