‹ Le ci-devant noble, comédie en trois actes, en proseChapitre 7 sur 32 · E R A S^IE · texte numérisé non relu

E R A S^IE

Au reste , je ne sors prc&qMcpluSiCt jenc mtn repens pas.

Le Baron.

Je viens aussi très -rarement à la ville Un

homme comme moi li^est pas fait pour visiter ces gens-là. .... Groiriez-vous que du vivant de ma

femme , une madame de Dauphinasse osa s asseoir dans un fauteuil à bras , quand madame de Tcm« pesac lui fit Thonneur de la visiter.

' ) L £ iM A a ^u I S., fahofU Tétonni.

Quoi ! elle osa traiter d'égale à égale.

Je veux un jour vous faire suivre les ramîfica^ tions de mon arbre (géné&logique ; vous serez stu^ jpéfait d'y trouver plus de cent vassaux qui valent mieux q^ii'eux.

Le MAftQ^ais.

Je le crois. . . • Un vilain ennobli depuis deux cens ans ; voilà tout ce qu on rencontre aujourd'hui , portant 1^ tête haute. ^

Le Baron.

La tête haute ! tandis qu'un dermes ancêtres k marché à la première . croisade., 'et que dans ma salle d armes , je possède encore son baudri^.

Le Ma r q,u i s.

C'est s^encanailler que de condescendre aux usages bourgeois ; tristes 'sociétés ! quy voit'^on ! Une madame de ^Pleinsec qui s'est fait nommer •ilanre de charité., pour pouvoir :médire plus ^à son aise.

Et monsieur Tavocat dû roi , son complaisant, très-mince , très-plat , qui étudie le matin ses ancq^ dote» et ses historiettes., et qui se .trouve tdut dc-^ routé i|uand -sa mémoire est en défaut. ,

LeMarq^uis.

Et madame de Lonsel et son gfand Directeur...^

Et madame de Verli qui n ose parler qu avec un extrême ménagement à son laquais , quand elle lé voit de mauvaise humelir. ; . . kh ! ah ! ah !

Le tJi ar q^u I s.'

Et madame de Pusodc qui creit qu*on a oulilié qu elle auroit obtenu un mari par arrêt de la la cour. . /. /

L £ B A R o N , à Erasu. : . -

•Par arrêt dé la cour ! . : • * . et tu vois toujôuts tout- cek !.. * ' .

E R A s T E , sortant de. sa rêverie.

Je,«c vois plus personne. . . • On dit à Pariis que la vie de Prnvitice est moiM dissipée , qu'on. y rk plus avec soi*mêmc\. «tque Ton. y peut réfléchir; qucTintéfct et Tintriguc y régnent moim; que Ta-

mitié

iriltiéy est jîlulB sincère , on se trorâpe? ièitca^ c^series. les pfctitcsacs , lès jalousies plus litivës' qu'ailleurs , y épuisent tristement les jours.,.. Puis . Ton se trouve mêle , à son insçu , dans les glus

sots caquets.

Le Baron.

Oh ! j'entends. Eh ! comment a$-tù fait tbn compte , pour te brouiller subitement avec la moitié de la ville , et soulever lautre coatrc toi?,

Fort innocemment , je vous jure» ... Je me suis rois en route pour faire mes visites , et en sortant de chez moi , je suis entfé tout naturellement dan»' la maison la plus voisific; j'ai luivi nron chemin , en m'arrêtant à droite et à gau^e, et voulant faire politesse à tout le monde , qu'est-il arrivé? que Ton m'a fait un crime itrémissible davoir suivi Tordre du quartier » au lieu de prendre 1^ ordre des qualités. Le j^résident est furieux de es que j'ai débuté par Iç^ receveur dçs fermes; le lieutenant des eaux et forêts ne me pardonne pas dV voir visité, avant lui , le directeur; Télu jette les hauts cris de ce que je ne Tai vu qu'après le contrôleur des domaines , et le conseiller me taxe de n avoir vécu, qu'en mauvaise compagnie , parce ma chaise s'est d'abord ^atrétée à la porte du rece^

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Tcur an grenier à sel ; x*^st un déchaînement \mU versel , et Ton a balancé. à me rendre mes visites.

Tu ne cdnnois pas aussi la distinction des rangs»

il auroit fallu circuler avec mes porteurs huit jours de suite , pour accomplir Tordre qu'on cxigeoit de moi. J'ai eu, ma foi, pitié dcmes porteurs...*

£h ! tu restes donc avec tes livres ; adieu. . . ne manque pas du moins à venir dîner avec nous au château. • • •

Je.ny manquerai certainement pas.

Le M A R Q^u I s,

. Vous serez tantôt complice de notre chasse ,^ monsieur le philosophe; car vous en mangerez. ..

Adieu ! grand lecteur de fariboles»

Laissez-le. ... il en sera bien puni ; son appédt n'égalera pas le nôtre, . . ,

se È N Ê I Y-

E R AS XE * seul. \

JiT il me faut supporter sa Société. . . lûangcrà sa table ; . ^ . il n'cstdonné qu'à Tamour de remporter une telle victoire Ciel ! il ne $e peut.

que tu ne Tayes ornée de tant de vertus , que pour ta laisser à jamais en de pareilles mains , {appdiant Caroline). CdXQlinc, Caroline, tu peux sortir présehtcmeiu. '* '

Caroline, derrière la scene^ Est-il loin , monsieur ? . . . Est-il bien Ipin ? . ,

Oui : . . . vicni5. . . tu peux jj^aroître. . . .

Caroline:

M'en répondez-vous ;rit reviendra-t-il point sur •ses pas ?

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