‹ Le ci-devant noble, comédie en trois actes, en proseChapitre 8 sur 32 · G À R 9 L IN E · texte numérisé non relu

G À R 9 L IN E

Ah ! vou» ne Tavez pas vu comme moi. ... ce terrible* homme. .... les yeux étcincclans: ; je ne puis pas vous dire tout. ... Si vous Taviez vu ! . ,

Nous devinons. . . il aura mis ta vertu à quelque forte épreuve , et c'est àraison de ta sagesse Victo^ rieuse qull t'aura renvoyée.

Caroline.

Je ne le dirois pas à d'autre qu à vous , mais la confiance que j'ai en Votre discréâon et votre pr4i« dçnce. ..^

(fil *

EkAtSIE^

. * Tu a donc à la ville depuis hier ?.. 4

Caroline.

Oui^ monsieur ; depuiïi' ce tems-là j^ai eu assez de loisir pour entendre votre panégyriq^ue , divisé en plusieurs points. ,

Eraste. . '

Comment parle-t^on dç jnoi'i qui ne . fréquente plus personne ?

. C'est à cause de cela. . • ... il faut que la bonne compagnie vous soupçonne d'avoir conçu du mé^ pris pour elle ; et cela ne se pardonne point. . * • car , dans cette ville , on avoit des vues sur vous , à ce qu'il paroît. . .

Eraste.

. Je, n'ai pu me familiariser avec le vuïdc de toutes, ces sociétés. , . . . Chacun voulôit m^attirer dans son parti , et je n'ai voulu en épouser aucun»

Eh bien ! il en résulte que vous avez tôutle

monde pour ennemi ; de tout côté on se ligue

"contre vous : on relève malignement ce que voui

avez dit. ^

Eras/t>£;

Ou plutôt , ce que je n ai pas dit ; car je suis rhommc de France qui parle le moins des autres...

: -^ C A^Ohlff E.

Il faijit que cela »oit eïucojce pis que de parler ; si vous gardez le silence , on ne le garde pas "Sur votre compte ; on recherche votre naissance , vos mœurs , d'où vous venez , ce que vous avez fait , ce que vous êtes , ce que vous faites et ce que Vous ferez. ...

. E R A S.TrX.

Eh bien:! Ton dit. ..... . ( s arrêtant ) au reste , ' je

ne veux pas le savoir. ... Qu'importe .les idées

d autrui sur .notre compte^. •. comme si cela pou-ypit changer quelque chose va notre situation! .

Caroline.

Tous ces propos viennent de ce que vous ne $avez pas vivre en province , c^est-à-dire , vous ennuyer décemment... . . puii'Vous ne jouez pas, et c'est par-tout le plus grand des torts.

• E R A s Te.

Je n'ai pas besoin de cottcries , j'aime. . . . mes jours sont remplis. . . puis, qu'irai-je faire? passer line soirée entière à filer ennuyeusementdcs cartes.

voir tous les . yeux fixes et les esprits tendus sur rapparition d'une figure , perdre souvent les plus belles heures du jour , dans la plus belle saison de l'année. ... II y a là de terribles douairières qui s'incorporent aux coussins d un fauteuil ^ et qui ne s^en dëtackent jamais ; elles vous fixent malgré vous sur un siège bien avant jùsques dans la nuît^ et vous ne pouvez pas plus jouir de la douce clarté de la lune , que des rayons du soleil.

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