‹ Le ci-devant noble; comédie en trois actes, en prose. Par m. Mercier. Représentée à Coblentz le 2 novembre 1791Chapitre 23 sur 33 · E R A S T E , LE MARQUIS · texte numérisé non relu

E R A S T E , LE MARQUIS

iMOnsieur le marquis , un mot , s'il vous plaît^ . L E M A R u^ tj I s , ijitimidê.

Un mot , monsieur , à moi?

Oui; à vous: il est essentiel que nous soyons seuls. ■

Le m a r q, u I s.

Et pourquoi donc , monsieur , seuls?

Scroit-il vrai , monsieur , que vous m'eussiez fait rinjurc de demander mademoiselle en mariage-, au moment même où vous saviez que je la reclicrchois.

Le IVI a r o,u I s.

drest-cc à dire , monsieur?

Si vous voulez l'obtenir, vous n'ignorez pas ce qu"'en pareil cas exige l'honneur, puisqu'icije vous la dispute.

Le m A r ç^u I s.

Vous me la disputez : je Tignorois , monsieur, je l'ignorois ; permettez-moi de vous le dire ; on vous a mal rendu la chose. . . il faut s'expliquer, car la prompdtude gâte tout. . .

Et voilà pourquoi je m'adresse à vous pour savoir. . .

Le m a r o u I s.

Je dis qu'il faut s'expliquer: tout ce que je puis vous dire , monsieur , c'est que je respecte infiniment mademoiselle de Tempesac et la respecterai toute raa vie.

Vous le devez, à tous égards. . . mais parlez plus clairement ; vous en êtes amoureux?

Le Mar<^uis.

Je n'ai point dit cela , monsieur ; je n'ai point dit cela.

Comment : n'avez-vous pas cherché à l'épouser? Je vous prie de vous expliquer là-dessus et sans détour.

Le Marq uis.

C'est son père , monsieur , son père qui m'a proposé ce mariage ; en vérité , c'est lui qui me Ta proposé , je vous le certifie.

Monsieur le baron de Tempesac ? cela n'est pas vraisemblable ; vous Tavouerez. . .

Le m a r q, u I s.

Je vous jure que c'est ainsi. . . je lui ai bien dit quelques mots qui tendoient à une alliance ; mais il n'y a rien de positif, sur-tout rien de conclu: Je contrat est encore en blanc. . . [à part.) cela deviendroit sérieux point d'affaires de cettenature. ...

Je suis disposé , monsieur , pour peu que mes démarches vous offensent , à vous en faire raison..,

Point, point ; nous sommes tous deux parfaitement libres... je serois au désespoir que nous nous fussions manqué l'un à Tautre. [à part.) Allons retirer notre parole. . .

Si toutes fois vous croyez avoir des droits et que vous voulussiez les faire valoir. . . je vous donnerai satisfaction pleine et entière.

Le m a r q, u I s.

Je n'en vois pas la nécessité , monsieur ; per-< mettez-moi que je vous le dise; je n'en vois point la nécessité. . . . {à pari, en sortant.) je me vengerai, dussé-jc être décapité..

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