E RA S T E
Il seroit donc très-juste que celui qui vous demanderoit votre aimable fille vous en dédommageât. . . . Tenez ; je suis rond en affaires ; j'ai une proposition. . . .
Laquelle.
Lorsque je songe que je suis garçon , que j ai bientôt trente-cinq ans , je songe en même tems
Fa
{ §4) ou il me fiiuùroit avoir une compagne agréable ; enfin , je veux me marier.
L £ Baron.
Vous marier ! tout de bon ?
Et en vous offrant , pour posséder votre fille si bien élevée , un foible dédommagement , cent soixante mille livres pour payer , non sa personne , mais ses talens acquis , je ne me croirai pas encore quitte avec vous.
Le Baron.
Vous me demandez ma fille sur ce ton là ,
[à pai'U) parle-t-il sérieusement ?
Sur ce ton ; et je dirai , sur le contrat , avoir reçu cette somme en bons effets ; n'allez pas vous choquer. . . Pardonnez à ma philosophie , à moa horreur invincible pour les préjugés régnans ; j'obéis à mes principes. [Lui donnant le porte-feuille.) Tenez , beau-père , prenez ; serrez tout ceci ; parbleu! vous en achèterez une terre; c'est de l'argent que je place sur vous à gros intérêts et que vous ferez valoir: dans cinquante ans d'ici, noi petits cnfans trouveront tout cela aggrandi , amélioré. , , »
Le Baron, prenant U porte-Jeuillf.
Vous avez, une justesse d'esprit rare et une prévoyance unique. J'aime votre manière de voir, et j'estime vos vues économiques. . . . oui , je ferai valoir cela,
J'ai un peu de logique assez neuve ; voilà tout... Ah! çà , vous m'accordez votre fille , foi de gentilhomme ?
Le Baron.
Oui ; foi de gentilhomme. . . je veux être l'intendant de vos biens ; et je m'y connois. . .
^Se voilà donc marié. . . votre parole vaut tout les contrats du monde. . . Je suis bien aise d'être marié. . . C'est un tout nouveau genre de vie , qui a ses agrémens. . . . Laissez-moi rêver à quelqu^cs dispositions.
Le Baron.
Je vous laisse. ^
Du sccrei, sur nos petits arrange-mcns. . .