‹ Le Cid; a tragedy;Chapitre 42 sur 120 · LE CW · texte numérisé non relu

LE CW

Et j'ai moins de pouvoir que tu n'as de mérite.

1 2 1 5 Le pays délivre' d'un si rude ennemi, j . ^lxa^ Mon sceptre dans ma main par la tienne affermi, Et les Maures défaits avant qu'en ces alarmes J'eusse pu donner ordre à repousser leurs armes, Ne sont point des exploits qui laissent à ton roi

1220 Le moyen ni l'espoir de s'acquitter vers toi.

Mais deux rois tes captifs feront ta récompense : Ils t'ont nommé tous deux leur Cid en ma présence. Puisque Cid en leur langue est autant que seigneur, Je ne t'envîrai pas ce beau titre d'honneur.

L225 Sois désorrhais le Cid ;,qu'à ce jgrand nom tout cède ; Qu'il comble d'épouvante et Grenade et Tolède, Et qu'il marque à tous ceux qui vivent sous mes lois Et ce que tu me vaux, et ce que je te dois.

D. Rodrigue.

Que votre majesté, sire, épargne ma honte.

1230 D'un si faible service elle fait trop de compte, Et me force à rougir, devant un si grand roi, De mériter si peu l'honneur que j'en reçoi. Je sais trop que je dois au bien de votre empire Et le sang qui m'anime, et l'air que je respire ;

1235 Et quand je les perdrai pour un si digne objet, Je ferai seulement le devoir d'un sujet.

D. Fernand.

Tous ceux que ce devoir à mon service engage Ne s'en acquittent pas avec même courage ; \» X/\ Et lorsque la valeur ne va point dans l'excès,

1240 Elle ne produit point de si rares succès.

Souffre donc qu'on te loue, et de cette victoire Apprends-moi plus au long la véritable histoire.

A La)V D. Rodrigue.

Sire, vous avez su qu'en ce danger pressant, Qui jeta dans la ville un effroi si puissant,

1245 Une troupe d'amis, chez mon père assemblée,

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