‹ Le Cid; a tragedy;Chapitre 41 sur 120 · ACTE IV, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE III

Chimène.

Ah ! ce n'est pas à moi d'avoir tant de bonté : Le devoir qui m'aigrit n'a rien de limité. Quoique pour ce vainqueur mon amour s'intéresse, Quoiqu'un peuple l'adore, et qu'un roi le caresse, 1 195 Qu'il soit environné des plus vaillants guerriers, J'irai sous mes cyprès accabler ses lauriers.

JO Infante.

C'est générosité quand, pour venger un père, Notre devoir attaque une tête si chère ; Mais c'en est une encor d'un plus illustre rang, 1200 Quand on donne au public les intérêts du sang.

Non, crois-moi, c'est assez que d'éteindre ta flamme ; Il sera trop puni s'il n'est plus dans ton âme. Que le bien du pays t'impose cette loi; Aussi bien, que crois-tu que t'accorde le roi? Chimène.

1205 II peut me refuser, mais je ne puis me taire. L'Infante.

Pense bien, ma Chimène, à ce que tu veux faire. Adieu : tu pourras seule y songer à loisir.

Chimène.

Après mon père mort, je n'ai point à choisir.

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