SCÈNE III
PHÈDRE, ŒNONE
ŒNONE
Il faut d'un vain amour étouffer la pensée,
Madame. Rappelez votre vertu passée :
Le Roi, qu'on a cru mort, va paroître à vos yeux ;
Thésée est arrivé, Thésée est en ces lieux.
Le peuple, pour le voir, court et se précipite.
Èsortois par votre ordre, et cherchois Hippolyte, rsque jusques au ciel mille cris élancés...
PHÈDRE
Mon époux est vivant, Œnone, c'est assez.
{'ai fait l'indigne aveu d'un amour qui l'outrage ; 1 vit : je ne veux pas en savoir davantage.
ŒNONE
Quoi?
PHÈDRE
Je te l'ai prédit ; mais tu n'as pas voulu.
Sur mes justes remords tes pleurs ont prévalu. Je mourais ce matin digne d'être pleurée ; J'ai suivi tes conseils, je meurs déshonorée.
ŒNONE
Vous mourez ?
PHÈDRE
Juste ciel 1 qu'ai-je fait aujourd'hui ?
Mon époux va paroître, et son fils avec lui.