‹ Le Cid-HoraceChapitre 113 sur 224 · ACTE III. SCfcNE III. 45^T · texte numérisé non relu

ACTE III. SCfcNE III. 45^T

Je verrai le témoin de ma flamme adultère Observer de quel front j'ose aborder son père, Le cœur gros de soupirs, qu'il n'a point écoutés, L'œil humide de pleurs, par l'ingrat rebutés. Penses-tu que sensible à l'honneur de Thésée, Il lui cache l'ardeur dont je suis embrasée ? Laissera-t-il trahir et son père et son roi ? Pourra-t-il contenir l'horreur qu'il a pour moi ? Il se tairoit en vain. Je sais mes perfidies, jf <5T^ Œnone, et ne suis point de ces femmes hardies Qui goûtant dans le crime une tranquille paix, Ont su se faire un front qui ne rougit jamais. Je connois mes fureurs, je les rappelle toutes. Il me semble déjà que ces murs, que ces voûtes Vont prendre la parole, et prêts à m'accuser, Attendent mon époux pour le désabuser.

Mourons. De tant d'horreurs qu'un trépas me délivre. Fitrp nn malhpnr ai grand qi^ j ft cesser~d ç viv re ? (EâT mort aux mal heureux ne cause^ poînt d 'effroi^ Je ne crains que"fe"irom- qu o jo la i sse api es m «L3 Pour mes tristes enfants* quel affreux héritage ! Le sang de Jupiter doit enfler leur courage ; Mais quelque juste orgueil qu'inspire un sang si beau, Le crime d'une mère est un pesant fardeau. v . . t , t -

e tremble qu'un discours, hélas ! trop véritable^ ' ' "n jour ne leur reproche une mère coupable.

{e tremble qu'opprimés de ce poids odieux /un ni l'autre jamais n'ose lever les yeux.

ŒNONE

Il n'en faut point douter, je les plains l'un et l'autre ; Jamais crainte ne fut plus juste que la vôtre. Mais à de tels affronts pourquoi les exposer ? Pourquoi contre vous-même allez-vous déposer ? C'en est fait : on dira que Phèdre, trop coupable, De son époux trahi fuit l'aspect redoutable.

Hippolyte est heureux qu'aux dépens de vos jours .Vous-même en expirant appuyez ses discours.

• Phèdre avait deux fils : Acamas et Démophon.

raieras.

 votre accusateur que*pourr»He répondre? * Je serai devant iuiurop facile à confondre; De son triompha affreux* je le verrai jouir, Et conter votre honle à qui voudra l'ouïr* Ah 1 que plutôt du ciel la flamme me dévore!

Mais ne me trompez point, voas est-il cher encore 1 ? De quel œil voyez-vous ce prince audacieuse

PHÈDRE

Je le vois comme un monstre effroyable à mes yeuz.J

ŒNOKB+:

Pourquoi donc lui céder une victoire entière?

Vous le craignez. Osez l'accuser la première/'

Du crime dont il peut vous charger aujourd'hui.

Qui vous démentira ? Tout parle contre lui :

Son épée en vos mains heureusement laissée,

Votre trouble présent, votre douleur passée, #

Son père par vos cris dès longtemps ptéyjgnn, i^ A^ X

Et déjà son exil par vous-même obtenu.

PHÈDRE

Moi, que j'ose opprimer et noircir l'innocence?*

ŒNONB.

Mon zèle n'a besoin que de votre silence.

Tremblante comme vous, j'en sens quelque remords. Vous me verriez plus prompte affronter mille morts. Mais puisque je vous perds sans ce triste remède^ Votre vie est pour moi jj'un prix à qui tout £&&» Je parlerai. Thésée, aigri par mes avis, Bornera sa vengeance à l'exil de son fils.

Un père en punissant, Madame, est toujours père : Un supplice léger suffit à sa colère.

Mais le sang innocent dût-il être versé, Que ne demande point votre honneur menacé ?

C'est un trésor trop cher pour oser le commettre. Quelque loi qu'il vous dicte, il faut vous y soumettre, • Madame ; et pour sauver notre honneur combattu» Il faut immoler tout, et même la vertu.

On vient ; je vois Thésée.

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