SCÈNE VI. — D. DIÈGUE, D. RODRIGUE
D. DIÈGUE
Rodrigue, as-tu du cœur?
D. RODRIGUE
Tout autre que mon père L'éprouveroit sur l'heure.
D. DIÈGUE
Agréable colère!
Digne ressentiment à ma douleur bien doux !
Je reconnois mon sang à ce noble courroux; Ma jeunesse revit en cette ardeur si prompte. Viens, mon fils, viens, mon sang, viens réparer ma hante; Viens me venger.
D. RODRIGUE
De quoi?
D. DIÈGUE
D'un affront si cruel Qu'à ITionseur de tous deux il porte un coup mortel; ' D'un soufflet. L'insolent en eût perdu la vie ; Mais mon âge a trompé ma généreuse envie; Et ce fer que mon bras ne peut plus soutenir, Je le remets au tien pour venger et punir.
Va contre un arrogant éprouver ton courage :
Ge n'est que dans le sang qu'on lave un tel outrage; Meurs ou tue. Au surplus, pour ne te point flatter, Je te donne à combattre un homme à redouter; Je l'ai vu, tout couvert de sang et de poussière, Porter partout l'effroi dans une armée entière. J'ai vu par sa valeur cent escadrons rompus ; Et pour t'en dire encor quelque chose de plus, Plus que brave soldat, plus que grand capitaine. C'est....
D. RODRIGUE
De grâce, achevez.
D. DIÈGUE
Le père de Chimène.