‹ Le Cid-HoraceChapitre 200 sur 224 · ACTE V, SCÈNE V. J · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE V. J

MADAME PERNBI^LÏ.

Je suis tout ébaubie, et je tombe des nues!

DORINE, à Orgon.

Vous vous plaignez à tort, à tort vous le blâme», Et ses pieux desseins par là sont confirmés.

Bans l'aniour du prochain sa vertu se consomme : H sait que très-souvent les biens corrompent l'homme, Et, par charité pure, il veut vous enlever Tout ce qui vous peut faire obstacle à vous sauver.

ORGON

Taisez-vous. C'est le mot qu'il vous faut toujours dire, CL&ANTE, à Orgon.

Allons voir quel conseil on doit vous faire élire*

ELMHŒ.

Allez feire éclater l'audace de l'ingrat.

Ce procédé détruit la vertu du contrat;

Et sa déloyauté va paroître trop noire,

Pour souffrir qu'il en ait le succès qu'on veut croire.

SCÈNE VI. — VALÈRE, ORGON, MADAME PERNELLE, ELMIRE, CLÉANTE, MARIANE, DAMES, DORINE.

VALÈRE

Avec regret, monsieur, je viens vous affliger;

Mais je. m'y vois contraint par le pressant danger.

Un ami, qui m'est joint d'une amitié fort tendre,

Et qui sait l'intérêt qu'en vous j'ai lieu de prendre^

A violé pour moi, par un pas délicat,

Le secret que l'on doit aux affaires d'État,

fit me vient d'envoyer un avis dont la suite

Tous réduit au parti d'une soudaine fuite.

Le fourbe qui longtemps a pu vous imposer,

Depuis une heure au prince a su vous accuser,

Et remettre en ses mains, dans les traits qu'il vous jette*

D'un criminel d'État l'importante cassette,

Dont, au mépris, dit-il, du devoir d'un sujet,

Vous avez conservé le coupable secret.

ffgnore le détail du crime qu'on vous donne; Mais un ordre est donné contre votre personne; Et lui-même est chargé, pour mieux l'exécuter, D'accompagner celui qui vous doit arrêter.

CLÉANTS.

Yoilà ses droits armés; et c'est par où le traître

De vos biens qu'il prétend cherche à se rendre maître.

ORGON

L'homme est, je vous l'avoue, un méchant animal!

VALÈRE

Le moindre amusement vous peut être fatal.

J'ai, pour vous emmener, mon carrosse à la porte, Avec mille louis qu'icije vous apporte.

Ne perdons pas de temps : le trait est foudroyant, Et ce sont de ces coups que l'on pare en fuyant. A vous mettre en lieu sûr je m'offre pour conduite, Et veux accompagner jusqu'au bout votre fuite.

ORGON

Las! que ne dois-je point à vos soins obligeansl Pour vous en rendre grâce, il faut un autre temps; Et je demande au ciel de m'être assez propice, Pour reconnottre un jour ce généreux service. Adieu : prenez le soin, vous autres....

CLÉANTE. '

Allez têt; |

Nous songerons, mon frère, à faire ce qu'il faut.

SCÈNE VII. — TARTUFFE, UN EXEMPT, MA- DAME PERNELLE, ORGON, ELMIRE, CLÉANTE, MARIANE, VALÈRE, DAMIS, DORINE.

TARTUFFE, arrêtant Orgon.

Tout beau, monsieur, tout beau, ne courez point si vite : Vous n'irez pas fort loin pour trouver votre gîte; Et, de la part du prince, on vous fait prisonnier.

ORGON

Traître t tu me gardois ce trait pour le dernier : C'est le coup, scélérat, par où tu m'expédies,

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