‹ Le Cid-HoraceChapitre 201 sur 224 · ACTE V, SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VIL

Et voilà couronner toutes tes perfidies, '

Vos io jures n'ont rien à me pouvoir aigrir; Et je suis, poar le ciel, appris à tout souffrir*

CLÉANTE

La modération est grande, je l'avoue;

DAMIS

Gomme du ciel l'infâme impudemment se joue !

Tous vos emportemens ne sauroient m'émouvoir Et je ne songe à rien qu'à faire mon devoir.

MARIANE

Vous avez de ceci grande gloire à prétendre;

Et cet emploi pour vous est fort honnête à prendre.

Un emploi ne saurait être que glorieux,

Quand il part du pouvoir qui m'envoie en ces lieux.

ORGON

Mais t'es-tu souvenu que ma main charitable, Ingrat, t'a retiré d'un état misérable?

Oui, je sais quels secours j'en ai pu recevoir; Mais l'intérêt du prince est mon premier devoir. De ce devoir sacré la juste violence Étouffe dans mon cœur toute reconnoissance; Et je sacrifierais à de si puissans nœuds Ami, femme, parens, et moi-même avec eux.

ELMIRE

L'imposteur 1

Gomme il sait, de traîtresse manière, Se faire un beau manteau de tout ce qu'on révère I

CLÉANTE

Mais, s'il est si parfait que vous le déclarez, Ce zèle qui vous pousse et dont vous vous parez, D'où vient que, pour paraître, il s'avise d'attendre Qu'à poursuivre sa femme il ait su vous surprendre/ Et que vous ne songez à l'aller dénoncer

tf . LB TARTUFFE.

Que lorsque son honneur l'oblige h vous chasser f Je ne vous parle point, pour devoir en distraire, Dn don de tort son bien qu'il venoit de tous faire; Mais, le voulant traiter en coupable aujourd'hui, Pourquoi consentiez-vous à rien prendre de lui?

TARTOFFB, àl'eiempt.

Délivrez-moi, monsieur, de la criaillerie ; Et daignée accomplir votre ordre, je vous prie.

l'exempt.

Oui, c'est trop demeurer, sans doute, à l'accomplir; Votre bouche à propos m'invite à le remplir : Et, pour l'exécuter, suivez-moi tout à l'heure Dams la prison qu'on doit vous donner pour demeure.

Qui? moi» monsieur?

l'exempt.

Oui, vous.

Pourquoi donc la priaonî l'exempt.

Ce n'est pas vous à qui j'en veux rendre raison.

(A Orgon.) Remettefrrous, monsieur, d'une alarme si chaude. Nous vivons sous un prince ennemi de la fraude, Dn prince dont les yeux se font jour dans les cœura, Et que ne peut tromper tout l'art des imposteurs. D'un fin discernement sa grande âme pourvue Sur les choses toujours jette une droite vue ; Chez elle jamais rien ne surprend trop d'accès, Et sa ferme raison ne tombe en nul excès.

D donne aux gens de bien une gloire immortelle; Mais sans aveuglement il fait briller ce zèle, Et l'amour pour les vrais ne ferme point son cœur } A tout ce que les feux doivent donner d'horreur. Celui-ci n'étoit pas pour le pouvoir surprendre, Et de pièges plus fins on le voit se défendre. D'abord il a percé, par ses vives clartés, Des replis de son cœur toutes les lâchetés, n

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