SCÈNE VH. — D. FERNAND , D. ALONSE, D. SANCHE, D. ARIAS
D. ALONSE
Sire, le comte est mort.
Don Diègue, par son fils, a vengé son offense.
se LE CID.
D. FSnNAND.
Dès que j'ai su l'affront, j'ai prévu la vengeance ; Et j'ai voulu dès lors prévenir ce malheur.
D. ALONSE
Chimène à vos genoux apporte sa douleur; Elle vient toute en pleurs vous demander justice.
D. FERNAND
Bien qu'à ses déplaisirs mon âme compatisse.
Ce que le comte a fait semble avoir mérité Ce digne châtiment de sa témérité.
Quelque juste pourtant que puisse être sa peine, Je ne puis sans regret perdre un tel capitaine. Après un long service à mon État rendu, Après son sang pour moi mille fois répandu, A quelques sentimens que son orgueil m'oblige, Sa perte m'affoiblit, et son trépas m'afflige.
SCÈNE VIH. — D. FERNAND, D. DIÊGUE, CHt MÈNE, D. SANCHE, D. ARIAS, D. ALONSE.
CHIMÈNE
Sife, sire, justice.
D. DIÊGUE.
Ah! sire, écoutez-nous.
CHIMÈNE
Je me jette à vos pieds.
D. DIÊGUE*
J'embrasse vos genoux.
CHIMÈNE
Je demande justice.
D. DIÊGUE,
Entendez ma défense.
CHIMÈNE
D'un jeune audacieux punissez l'insolence s Il a de votre sceptre abattu le soutien, U a tué mon père.
D. . DIÊGUE.
Il a vengé le sien.