‹ Le Cid-HoraceChapitre 97 sur 224 · SCÈNE V. PHÈDRE, ŒNONE · texte numérisé non relu

SCÈNE V. PHÈDRE, ŒNONE

ŒNONE

Madame, je cessois de vous presser de vivre ;

Déjà même au tombeau je soageois à vous suivre ;

Pour vous en détourner je n'avois plus de voix ;

Mais ce nouveau malheur vous prescrit d'autres loîs.^t?

Votre fortune change et prend une autre face :

Le Roi n'est plus, Madame ; il faut prendre sa place.

Sa mort vous laisse un fils à qui vous vous devez,

Esclave s'il vous perd, et roi si vous vivez.

Sur qui, dans son malheur, voulez-vous qu'il s'appuie r^^

Ses larmes n'auront plus de main qui les essuie;

Et ses cris innocents, portés jusquesaux Dieux,

Iront contre sa mère irriter ses aïeux.

Vivez, vous n'avez plus de reproche à vous faire-4

Votre flamme devient une flamme ordinaire, y^

Thésée en expirant vient de rompre les nœuas

Qui faisoient tout le crime et l'horreur de vos feux.

Hippolyte pour vous devient moins redoutable ;

Et vous pouvez le voir sans vous rendre coupable.

Peut-être convaincu de votre aversion, n $

Il va donner un chef à la sédition.

Détrompez son erreur, fléchissez son courage.

Roi de ces bords heureux, Trézène est son partage ;

Mais il sait que les lois donnent à votre fils v ^

Les superbes remparts que Minerve a bâtis. ^V*

Vous avez l'un et l'autre une juste ennemie :

Unissez-vous tous deux pour combattre Aricie.

PHÈDRE

Hé bien ! à tes conseils je me laisse entraîner. Vivons, si vers la vie on peut me ramener, /

Et si l'amour d'un fils en ce moment! funeste ^^ De mes foibles esprits peut ranimer le reste.

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