Le cidevant noble, comédie en trois actes, en prose, Par M. Mercier. Représentée, à Coblentz le 2 novembre 1791
V„,c i qu’une de mes comédies , imen 1781, sous lé titré : le Gen tillatre , se trouve en 1791, pour ainsi dire , à V ordre du jour. Plusieurs de mes dcrits jouissent, en ce moment , de ce singulier avantage ; aucun auteur vivant , j’ose le dire , n’a jeté dans le public , avant
la révolution , la foule de mes idées révolutionelles j la réimpression de cette comédie peu connue en sera encore une preuve.
Le théâtre fut de tout tehis le puissant législateur des usages et des manières , et le poëte a le droit de pourchasser ces orgueils déjoués couverts de leur gothique oripeau , qui voudraient ennivi’er les autres de leur fumée favorite.
• Heureuse "la; loi qui a effacé les derniers et honteux ■ vefctiges de l’inégalité conventionnelle ! Ce n’est point là un
bienfait indifférent $ car l’on ne peut pas
primée
être égal ou libre à demi , et il apparte— jnoit à la philosophie de notre siècle , d’anéantir la vanité injurieuse de quelques hommes qui , par une contradiction insensée avec les lumières généralement répandues , offensoient , dans nos foyers et à chaque pas , le bon sens national.
Ce n’est pas tout-à-fait dans la capitaie que l’on pourra bien juger de la ressemblance du portrait. On l’appréciera beaucoup mieux dans le fond de quelques provinces , où résident les originaux qu’on a voulu peindre ; ils y assommoient le paysan; ce qui n’étoit pas bien.
J’ai vengé l'univers autant que je l’ai pu. Volt.
Ces nobles affligés ont abandonné la France et veulent y rentrer le fer et la flamme à la main ; le tout pour Y honneur du blason. Ainsi , un stupide raisonnement est toujours suivi d’une action extravagante ou criminelle ; mais , dit un écrivain connu : « les disproportions qui sont entre les hommes sont bien minces > pour être si vains ; les uns ont la goutte.
tJ J
d’autres la pierre : les uns meurent , d’autres vont mourir j ils ont une même aine pendant l’éternité, et elles ne sont différentes que pendant un quart- d’heure , c’est-à-dire, pendant qu’elles sont jointes à un corps. >»
En réimprimant cette comédie sous le titre convenable du Ci-devant Noble , j’y ai fait quelques additions relatives à l’heureuse régénération des choses.
Chacun à son tour. Ce sont les nobles qui , sous l’ancien régime, s’emâchissoient des déprédations de la cour ; ce sont les ^nobles qui remplissoient exclusivement les premières places du ministère , de l’église et de l’armée j ce sont les nobles qui , pendant plusieurs siècles , surent se soustraire aux charges publiques ; ce sont les nobles qui prétendoient , en dernier lieu , ne devoir payer l’impôt que comme contribution volontaire et momentanée , et seulement pour combler le dejicit ; ce sont les nobles qui soutenoient aux étatsgénéraux , qu’on devoit opiner par ordre
et non par tète j ce sont les nobles enfin qui , clans l’assemblée nationale , s’opposoieijt à la suppression du régime féodal :
seroit-il défendu aux ci-devant roturiers, bons citoyens , de rire un peu aujoi^rd’hui de la décomposition subite du monstre féodal ét de ces nobles , qui ne veulent * pas être citoyens?
LE
■wuftHfT g mm m ■ M — M — M | ;