LE BARON , THIBAUT, LES ARBALETRIERS
Thibaut ', s'approchant environné des arbalétriers , s'inclinant.
JVIOnsieur le baron. . .
Le Baron.
Qu’est-ce ?... qu’entends-jc-là. . . hem !... je
crois
crois que sans vous abaisser , vous pouvez me donner du monseigneur.
Thibaut.
Monseigneur
Le Baron.
Parlez plus haut.
Thibaut.
Monseigneur , vos très-humbles vassaux , tous réunis en corps. . . .
Le Baron.
Fort bien. . . . mes très-humbles vassaux contiuuez.
Thibaut.
| Viennent très-respectueusement. . . .
Le Baron.
A merveille !...
Thibaut.'
Suivant un usage très- -anciennement établi , vous présenter , pour la centenaire, une bourse de cniquante louis.
Le Baron.
J'aime cette harangue-là , allez et buvez à ma santé. [Il ne leur donne rien.),
Thibaut.
Monseigneur. E
Le Baron.
Eh bien ?
Thibaut.
Nous espérons que vous ne nous refuserez pas.
Le Baron.
Ma protection. . . Je vous l’accorde. . . je parlerai à l’intendant.. . . .
Un Paysan, à part.
Bah ! l’intendant ! ils s’entendent comme larrons en foire.
Le Baron.
Allez travailler. . . vous n'avez plus, je crois , d’olfrandes à me faire?
Thibaut.
Monseigneur . nous espérions que vous daigneriez vous conformer à l’usage. . . .
Le Baron.
Et quel est cet usage ?
Thibaut.
C’est que le seigneur nous rend les cinquante louis , et y en ajoute cinquante autres de sa bourse.
Le Baron.
Morbleu! .... c est là un abus. ... un abus énorme. . . et je le réforme.
Diginzod by Gcioglc
Tous vos voisins et devanciers l'ont suivi.
Oh! mes voisins sont des gens inimitables !
Thibaut, à part.
Fi , le vilain seigneur que nous avons-là. . . . Allons-nous-en. ( Constante est en dedans la foule et reste sur la scène.) Tiens, Mathurin , il ne déliera jamais les cordons de sa bourse , même pour sa fille ; il ne la mariera point , et sais-tu pourquoi? parce qu’il faudroit lui donner une dot.
Un Arbalétrier.
Eh bien ! elle feroit à merveille de se marier elle-même.