‹ Le cielChapitre 21 sur 91 · Environ 27 500 lieues par heure · texte numérisé non relu

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passage au méridien, ou ce qui revient au même, Tinégalité du jour solaire et du jour sidéral, ayant lieu d'Occident en Orient, le mouvement réel de la Terre s'eflfectue aussi dans le même sens. C'est, je l'ai dit plus haut, faute d'avoir compris cela, que des auteurs à l'imagination un peu aventureuse, se sont mis à crier à Terreur de la science et des astronomes.

Le Soleil doit donc se déplacer à tout instant sur le fond étoile du ciel, et son centre coïncider, d'un jour à l'autre, avec des étoiles différentes. Le jour, ce déplacement n'est

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Fig. 45. — Orbite réelle de la Terre, et orbite apparente du Soleil.

pas sensible, quand on ne prend pas une mesure rigoureuse de la position du Soleil. Mais il suffit de songer qu'au déplacement dont il s'agit correspond un mouvement analogue du ciel pendant la nuit, pour comprendre que l'aspect des constellations doit varier durant tout le cours d'une année. Grâce à la translation de la Terre, en effet, le ciel défile progressivement sur l'horizon d'un lieu donné, sinon dans son entier, du moins dans la portion susceptible de s'élever par le mouvement diurne au-dessus de cet horizon.

La durée de l'année^ c*est-à-dire Tintervalle de temps qui s'écoule entre deux passages successifs de la Terre par un même point de son orbite y est, avons-nous dit, d'environ 365 jours 1/4. Il s'agit ici de jours solaires. Combien, pendant la même durée, notre globe exécutet-il de rotations entières sur son axe? 366 1/4. En d'autres termes, si le nombre des jours solaires de l'année est de 365 1/4, le nombre des jours sidéraux est précisément plus grand d'une unité.

C'est là une conséquence directe de la translation de la Terre, combinée avec son mouvement diurne de rotation. Le même fait, qui semble d'abord paradoxal, se reproduit d'ailleurs dans toutes les planètes, quel que soit le nombre de rotations accomplies pendant une révolution complète autour du Soleil, et quelles que soient les durées de leurs jours sidéraux et solaires.

Rappelons-nous qu'après une rotation entière, le Soleil, qui au point de départ passait au méridien en même temps qu'une étoile donnée, se trouve en retard d'environ 4 minutes. A la rotation suivante, nouveau retard .qui s'ajoute au précédent, et ainsi de suite, jusqu'à ce que la révolution annuelle étant terminée, les choses se trouvent au même état qu'à l'origine. Or, si pour revenir à une coïncidence du Soleil avec l'étoile qui sert de terme de comparaison, la Terre a effectué 366 rotations sur son axe, Tétoile aura passé 366 fois au méridien, tandis que le Soleil, justement en retard d'un passage, sera revenu au méridien une fois de moins qu'elle, c'est-à-dire seulement 365 fois.

Passons à d'autres phénomènes d'un grand intérêt pour nous autres habitants de la Terre, phénomènes qui ont leur cause dans le double mouvement de notre planète.

D'un jour à l'autre, l'habitant d'un même lieu, disons

mieux, les habitants d'une même latitude voient le Soleil s'élever au-dessus de l'horizon, à des hauteurs variables. Les points de l'Orient ou de l'Occident où l'astre radieux se lève et se couche, changent de place; le Soleil à midi s'élève plus ou moins haut, et la durée de son séjour diurne au-dessus de l'horizon donne aux jours et aux nuits des longueurs inégales et variables. De là des températures, des conditions climatériques très-diverses; de là, les Saisons.

D'autre part, ces conditions elles-mêmes changent, non-seulement d'un hémisphère à l'autre de la Terre, mais encore pour le même hémisphère, selon la latitude du lieu considéré. De là, les climats, les zones glaciales aux longs jours et aux longues nuits, les zones tempérées, les zones torrides, et les régions voisines de l'Equateur qui ont chaque année deux étés et deux hivers, et où la durée du jour est sans cesse égale à celle de la nuit.

La raison astronomique de tous ces phénomènes réside, je le répète, dans les mouvements simultanés de la Terre. Mais il est une circonstance qui influe sur leur succession d'une façon prédominante, et sur laquelle je vais prier le lecteur de fixer son attention.

Qu'il jette les yeux sur la planche VI, qui représente Torbite de la Terre et la position de notre planète en divers points de cette courbe : il sera frappé de voir que l'axe de rotation n'est ni perpendiculaire au plan dans lequel l'orbite est tracée, ni couché dans ce plan, mais qu'il forme avec lui un certain angle, à peu près égal aux deux tiers d'un angle droit (66® 32' 44"). Cette inclinaison est constante pendant toute l'année, ou du moins ne varie qu'entre des limites extrêmement faibles. En outre, l'axe reste toujours parallèle à lui-même.

Cest le parallélisme de l'axe qui rend compte de la

position à peu près invariable du pôle céleste au-dessus de l'horizon de chaque lieu terrestre, pourvu qu'on y joigne un fait aujourd'hui parfaitement prouvé, je veux dire la distance presque infinie des étoiles à la Terre.

Parmi toutes les positions que la Terre occupe sur son orbite, il en est quatre principales, deux à deux diamétralement opposées, qui jouent le rôle le plus important sur les durées relatives du jour et de la nuit et sur les saisons : ce sont les deux Équinoxes et les deux Solstices. Voici Tordre et les dates de leur succession : Vers le 20 mars, la Terre se trouve au premier de ces points, qu'on nomme TÉquinoxe du Printemps. Puis viennent le Solstice d'Été aux environs du 21 juin, TÊquinoxe d'Automne près du 22 septembre, et enfin le Sobtice d'Hiver qui tombe ordinairement le 21 décembre. Chacun de ces points marque l'origine de la saison dont il porte le nom. Les époques précises de ces quatre positions fondamentales varient chaque année ; mais dans une limite assez restreinte, comme on peut s'en rendre compte au moyen du tableau suivant :

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