Sur le système des petites planètes
et qu'on ajoute à chacun d'eux le même nombre 4, on aura la nouvelle série.
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Or, les termes de cette suite, à l'exception du cinquième, 28, représentaient à peu de chose près, à l'époque de Titius, les distances relatives dés planètes alors connues :
Mercure, Vénus, la Terre, Mars, — Jupiter, Saturne.
Cette prétendue loi était formulée, lorsqu'en 1781 Uranus vint compléter la suite. Or il se trouva précisément que la distance de la planète nouvelle s'accordait avec le huitième terme, 196, de la série régulièrement formée.
De là, à conclure à l'existence d'une planète qui devait combler la lacune existant entre Jupiter et Mars, il n'y avait qu'un pas. « Le baron de Zach, dit M. Lespiault dans son excellente monographie des astéroïdes', edla jusqu'à publier à l'avance, dans XAlmanach de Berlin^ les éléments de la planète supposée, et il organisa une association d'astronomes pour la recherche de cet astre. Le Zodiaque fut partagé en vingt-quatre zones, dont chacune fut confiée à la surveillance spéciale de l'un des membres de la Société. La découverte ne se fit pas attendre, mais c'est d'autre part qu'elle vint. »
En effet, le 1" janvier 1801,àPalerme, Piazzi inaugura le dix-neuvième siècle par la découverte de Cérès, comblant ainsi la lacune signalée par la loi de Titius et de Bode, et dont, à dire vrai, il ne se préoccupait guère. Chose étonnante, Cérès vint précisément se ranger audessous du nombre vacant 28, qui exprime la distance de la nouvelle planète au Soleil, si l'on représente par 10 la
L Mémoires de la Société des sciences physiques et naturelles de Bordeaux. Tome II, p. 171.
distance de la Terre. Quinze mois après, une seconde planète, PallaSy venait s'ajouter à la première, ce qui commença à troubler fort les vues des prophètes de la première découverte.
Le savant astronome Olbers, qui venait de trouver Pallas, conçut alors une ingénieuse théorie. Il considéra les deux nouveaux astres comme les fragments d'une planète qui se serait jadis brisée en éclats. Or, les lois de la mécanique démontrent qu'après une explosion pareille, quelle qu'en soit d'ailleurs la cause, les débris lancés dans des directions quelconques doivent rester à une même distance moyenne du foyer de leurs mouvements, le Soleil; et revenir en outre, à chacune de leurs révolutions, passer par le point de l'espace où la catastrophe originaire a eu lieu.
Pallas et Cérès satisfaisaient suffisamment à ces conditions. Il en fut de même d'une troisième planète qui, sous le nom de Junon, vint montrer le troisième morceau de la planète hypothétique.
Les recherches continuèrent sous l'influence de ces vues, et enfin Olbers lui-même, en 1807, découvrit Vesta. Mais, contradiction bizarre, cette découverte qui semblait devoir consolider définitivement une théorie ingénieuse, et d'ailleurs rationnelle, en vint au contraire ébranler les fondements. La distance et les autres éléments de l'orbite de Vesta offraient des divergences sérieuses avec cette théorie et avec la loi de Bode, qui plus tard reçurent l'une et l'autre leur coup de grâce*.
Depuis \ 845, en effet, époque de la découverte de la cin-
1. Lft planète Neptune, la dernière des planètes connues du système solaire dans Tordre de la distance, est loin de satisfaire à la formule empirique de Titius. Sa distance, qui serait représentée par le nombre 388, n'est en réalité que 300. Ajoutons, après bien d'autres, que le premier nombre de la série, celui qui correspond à Mercure, n'est pas formé d'une
s LE MONDE SOLAIRE,
aième petite planète, le nombre de ces corps s'accrut radement, et tout fait présumer qu'il s'accroîtra beau- >up encore.
Dans l'état actuel des découvertes, les 82 petites plantes forment une zone, presque tout entière circonrite dans celle des deux moitiés de rintcrralle compris itre Mars et Jupiter, qui est la plus voisine de Mars, ae seule, Maximiliana, la plus éloignée du Soleil par jnséquent, se trouve un peu plus rapprochée de Jupiter le de Mars.
La largeur de la zone est de iÔSOOOOOlîeues'; mais ms cet intervalle même, les planètes sonttrès-irrégulièi-eent distribuées, puisqu'elles sont au nombre de 64 dans
moitié de la zone située du côté de Mars, de 1 8 seuleent dans l'autre moitié. 11 résulte de ces nombres que les i petites planètes les plus rapprochées du Soleil ne sout parées en moyenne les unes des autres que de )0000 lieues, de 4 fois environ la distance de la Lune à
Terre.
Flore et Maximiliana sont les noms des deux planètes [trêmes : la première est à une distance moyenne du tieil de 84 millions de lieues, la seconde à 130 millions, i sorte que le milieu de la zone est à 107 millions de ?ues de l'astre central. La distance de la Terre au Soil étant représentée par 10, le nombre que nous venons écrire le serait par 28. On retrouve là le terme de la
iniè» régulière. Au lien de 0, il faudrait l.b; en ajoutant k, on trouveil 5.5, tandis que la vraie distance de Mercure est 3.87. Il peut Être bon toutefois de retenir, h titre de rigle mnémonique, le ode de formation de la série de Titins, d'ailleurs intimement liée à lisloira des découvertes astronomiques.
1. Cette largeur approche de 100 millions de lieues, quand an lieu d« endre les distances moyennes on considère les distances extrêmes.
série de Bode qui correspondait d'abord à une lacune ; mais rinégalité de distribution des petites planètes n'ôte-t-elle pas toute valeur à cette coïncidence?
On vient de voir combien les orbites de tous ces petits astres sont en moyenne rapprochées les unes, des autres. En les comparant une à une sous ce rapport, on trouve des distances encore plus petites. Les orbites d'Égérie et d'Astrée présentent un intervfidle moyen de 20420 lieues; celles d'Eurydice et de Clytie de 1 2 200 lieues, enfin Leto et Bellone n'offrent que 10 500 lieues de séparation. Mais il faut bien comprendre que ces nombres ne s'appliquent pas aux astres eux-mêmes; d'abord parce que, à une époque donnée, ils se trouvent dans des directions bien différentes, ensuite parce que leurs orbites sont plus ou moins allongées, et que les plans dans lesquels ils se meuvent sont très-diversement inclinés.
Les formes des orbites sont loin d'être circulaires. La
moins allongée de toutes, celle de Freia, l'est proportionnellement beaucoup plus que les orbites de la Terre, de Neptune et de Vénus, qui sont il est vrai les plus voisines du cercle, parmi les courbes décrites par les corps de notre monde solaire. La plus allongée est l'orbite de Polymnie, dont le grand diamètre surpasse le plus petit du tiers de sa valeur totale, ce qui donne entre sa plus grande et sa plus petite distance au Soleil une différence de 73 600 000 lieues. La figure 78 représente la forme et la grandeur relative de ces deux orbites, comparées à l'orbite de la Terre.
Les plans dans lesquels se meuvent les petites planètes sont très-diversement incliilés les uns sur les autres. En comparant leurs positions avec le plan de l'orbite de la Terre, on trouve que certains d'entre eux, ceux de Massalia et d'Angelina par exemple, coïncident à fort peu de