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celle de la Terre étant

la Terre, d'où Ton peut conclure que Torganisation des corps vivants qui peuplent Mars, doit différer notablement (le celle des êtres vivants que nous connaissons. On a vu aussi que les conditions de température auxquelles sont soumis ces mêmes êtres sont fort variables, et que Fillumination solaire varie dans de fortes proportions. Mais pour tirer de tous ces faits des conséquences positives, il faudrait connaître encore la composition et la densité de l'atmosphère, élément si important de la physiologie des corps célestes.

Mars n'a pas de satellites. Ses nuits sont donc complètement obscures, à moins que les crépuscules et les aurores n'y aient une durée considérable. En tout cas, ce n'est pas là une grande privation, si l'on en juge par la manière imparfaite dont notre Lune s'acquitte envers la Terre de sa fonction de flambeau nocturne.

Nombre considérable de corps célestes circulant autour du Soleil entre Jupiter et Mars. — Entrelacement des orbites. — Quelqpies détails sur les principales planètes du groupe, Junon, Pallas, Gérés et Vesta. — Gomment on trouve une planète nouvelle.

Le nombre des planètes connues du système solaire n'était, il y a soixante-quatre ans, que de sept, parmi lesquelles on comptait la dernière grande planète découverte par W. Herschel, Uranus. A Theure où j'écris ces lignes, ce nombre s'élève à 90, de sorte que sans compter les comètes nouvelles et les satellites récemment observés, le monde solaire s'est enrichi de quatre-vingt-trois individus. Il est vrai qu'à l'exception de Neptune, qui fait partie du groupe des grosses planètes, tous ces corps sont d'une petitesse extrême, et, pris à part, n'égalent pas même en grosseur les satellites des planètes principales.

Aussi les a-t-on nommés astéroïdes, petites planètes ou planètes télescopiques . Appelons-les simplement petites planètes.

Cependant c'est un groupe des plus intéressants, et dont l'ensemble donne une physionomie nouvelle au monde solaire, en même temps qu'il jette un nouveau jour sur le problème de sa formation et de ses développements.

Les 82 petites planètes aujourd'hui connues — le nombre

s'en accroît chaque cmnée — sont toutes situées entre Mars et Jupiter; les orbites qu'elles décrivent autour du Soleil sont si voisines les unes des autres et tellement entrelacées, qu'un astronome contemporain, M. d'Arrest, y trouve la preuve évidente d'une commune origine : « Un fait, ditil, semble surtout confirmer l'idée d'une liaison intime qui rattacherait entre elles toiis les petites planètes; c'est que, si l'on se figure leurs orbites sous la forme de cerceaux matériels, ces cerceaux se trouveront tellement enchevêtrés qu'on pourrait, au moyen de l'un d'entre eux pris au hasard, soulever tous les autres \ » A l'époque où ces lignes étaient écrites, on ne connaissait encore que 1 4 petites planètes ; depuis, parmi les nouvelles planètes découvertes, 62 sont venues se placer dans l'intervalle des deux extrêmes. La comparaison de d'Arrest, et la conséquence qu'il en tire, acquièrent donc par cela même un nouveau degré d'évidence.

Depuis longtemps déjà les astronomes, en comparant les intervalles qui séparent du Soleil les planètes anciennement connues, avaient remarqué la distance relativement considérable des deux planètes Jupiter et Mars. L'imagination de Kepler, qui jetait l'illustre disciple de Tycho dans des vues théoriques un peu aventureuses lui fit supposer l'existence d'une planète inconnue, et cette hypothèse parut cor roborée par la découverte d'un astronome du dix-huitième siècle, de Titius, qui trouva entre les distances successives des planètes un rapport singulier, connu depuis sous le nom de loi de Bode. Voici en quoi consiste ce rapport.

Si Ton pose la série des nombres :

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