‹ Le cielChapitre 38 sur 91 · Atironomit pïpulavrt^ IV · texte numérisé non relu

Atironomit pïpulavrt^ IV

Huyghens observa les appendices de Saturne, et eu donna le premier l'explication vraie, que la théorie du mouvement de la planète et l'emploi d'instruments plus puissants ont définitivement confirmée.

Tout autour de Saturne, et à peu près dans le plan de son équateur, s'étend un système de trois anneaux d'inégales largeurs et d'une épaisseur relativement très-mince. L'anneau extérieur, le plus éloigné de la planète, est séparé de l'anneau intermédiaire par un vide qui rend ces deux appendices indépendants l'un de l'autre, tandis que l'anneau intérieur, le plus rapproché de Saturne, parait contigu au second. Leurs nuances sont aussi très-diverses; l'anneau intermédiaire, le plus brillant des trois, est plus lumineux que le globe de Saturne; l'anneau extérieur offre une teinte grisâtre, à peu près de la même nuabeo que les baudes obscures du disque. Tous les deux sont opaques et projettent sur Saturne une ombre très-prononcée. L'anneau intérieur au contraire est obscur et transparent. Il se détaclie devant le globe de Saturne comme une bande sombre, mais au travers de laquelle on aperçoit la partie lumineuse du disque.

Il y a donc autour de Saturne trois anneaux distincts; en outre le premier et le troisième offrent des subdivisions qui porteraient à cinq le nombre de ces appendices singuliers. Mais on n'est pas certain que ces subdivisioii? accusent une séparation réelle.

Afin que l'on ait une idée nette des positions et des largeurs des anneaux, nous donnons dans la figure 92 une vue du système, tel que pourrait le voir un observateur placé au-dessus du plan des anneaux, dans le prolongement de l'axe polaire de Saturne.

Quelques données maintenant sur les dimensions des anneaux.

La largeur de l'anneau extérieur est de 3678 lieues de 4 kilomètres. Le vide qui le sépare du second anneau mesure 792 lieues, tandis que celui-ci, le plus large de tous, a 7388 lieues. Enfin, les dimensions en largeur de l'aDDeau obscur sont de 3126 lieues. C'est en tout, pour les trois appendices annulaires, y compris le vide qui les

Fig. n. — Plsn de Siturne et de wa «ysiime d'anneaui.

sépare, à peu près 1 5 000 lieues, c'est-à-dire plus que le rayon de la planète.

Comme entre Saturne et l'anneau obscur, l'intervalle mesure 5165 lieues, il résulte de la combinaison de ces nombres que le système des trois anneaux présente un développement diamétral de 64 177 lieues.

2d8 LE MONDE SOLAIRE.

J'ai dit que l'épaisseur était relativement faible : Herschel Té value à 100 lieues.

Comment un tel système matériel, solide ou liquide, peut-il se soutenir, sans point de contact ou d'appui avec la planète ? Comment ses diverses parties résistent-elles à TefiTort que l'attraction de Saturne exerce sur chacune d'elles? Il semble que cet immense pont devrait peu à peu se désagréger, puis, catastrophe dont les eieux n'ont jamais présenté l'exemple aux regards de l'homme, se précipiter dans une chute eflTroyable sur le sol de Saturne.

Laplace a abordé ce problème. Il a fait voir que l'équilibre n'est possible et stable, qu'autant que la section de l'anneau, de forme elliptique, présente en plusieurs points des inégalités de largeur ou de courbure. C'est, en eflFet, ce que l'observation a constaté: le centre de gravité de l'anneau ne coïncide pas avec celui de la planète, et il en résulte de lentes oscillations dans leui's positions relatives.

De plus, condition essentielle, l'anneau doit tourner sur lui-même dans son plan, avec une vitesse d'un peu plus de dix heures. Les observations d'Herschel s'accordent ainsi avec les résultats du calcul, puisque ce laborieux et fécond astronome a déduit de ses observations de 1790 une durée de rotation de 10 heures 32 minutes'.

Dans son mouvement autour du Soleil, l'axe de Saturne reste parallèle à lui-même. Il en est donc de même de ses

1 . Il résulte d'un savant Mémoire de l'aslronome russe Otto Stnive, que le système des anneaux de Saturne a subi de remarquables changements. La largeur des anneaux brillants va en croissant, de sorte que rinterrallê qui les sépare de Saturne diminue sans cesse. G*est l'anneau intermëdiairs, le plus lumineux de tous, dont la largeur s'accroît proportionnellement davantage.

Ces modifications continueront-elles de se produire dans le même seus,

anneaux, et comme leur inclinaison sur le plan de l'orbite est loin d'être nulle, il en résulte que le Soleil éclaire tantôt l'une des faces du système, tantôt l'autre. En deux positions diamétralement opposées, le Soleil n'éclaire plus l'anneau que par sa tranche: c'est alors l'époque des équinoxes de Saturne.

Que résulte-l-il, poui* la Terre, de ces positions diverses? Évidemment que les anneaux, par des effets de

>n des phases de* anneaux de Saturne. Disparil

perspective dont la figure 93 rend aisément compte, apparaissent tantôt plus, tantôt moins ouverts, et que pendant une moitié de l'année de la planète, la partie

on bien seront-elles suivies de changements inverses? Graves queBtions qui intéressent 1k conservation de l'appendice annulaire. Il est peut-être réserré aux générations futures d'assister au plus émouvant de tous les phénomènes que pnÎEse présenter & l'homme le monde eolaire dont sa demenare fait partie. Peut-être verra-t-on dans les cieux le grandiose et formidable spectacle du cataclysme produit par la dislocation des anneaux de Satnroe.

antérieure de l'appeDdice se projette sur l'hémisphère nord ; pendant l'autre moitié , la courbure est en sens inverse, et l'on voit l'anneau découvrir une partie de l'hémisphère sud. Enfin, à deux époques particulières, l'anqeau n'étant plus éclairé que par la tranche disparait à peu près entièrement. Les instruments les plus puissants montrent alors une légère ligne lumineuse dans le prolongement de t'équateur de Saturne, et sur le disque une ligne obscure.

Fig. 9\. — Saturne, le 21 nove jibre 1S48, d'aprèt H. Bond. Pointa brillanU visibles i l'époque de U dUpiriiion de l'innetu.

Je donne ici deux dessins qui représentent Saturne dans cette position particulière. L'un (fig. 9i) montre la planète telle qu'elle a été observée par M. Bond, en novembre 1848. L'autre (fig. 95), également dû au même savant astronome, a pour objet l'explicatiou des apparences de la première figure. Le rapport des deux dessins est assez clair pour me dispenser de tout développement.

Outre cette disparition qui est indépendante de la posi* tion de la Terre dans son orbite, il s'en présente encore

une autre qui a lieu, lorsque Ift Terre se trouve être précisément dans le plan de l'anneau. Un observateur, placé sur notre globe, ne voit alors l'anneau que par sa Iranche : son regard ne peut dominer ni l'une ni l'autre de ses faces. Seulement il ai'rive encore qu'en dehors du disque apparaissent quelques points brillants, qui accusent les inégalités de courbure dont Laplace a fait une condition d'équilibre pour le système. Sur le disque, la tranche apparaît comme une ligue sombre très-fine. Mais

Flg. 05. — EipliwtioD de» points brillants qui accompagnent Saturne peDilanl la disparition de l'anneau.

ces apparences sont invisibles dans les instruments de moyenne puissance.

Tel nous apparait Saturne, à l'énorme distance où il se trouve de la Terre. Nous l'avons dit, c'est le plus riche des systèmes ou petits mondes, dont l'ensemble forme le monde solaire : il se distingue de tous les autres, nonseulement par son triple anneau, témoignage encore .subsistant de la formation des planètes, mais encore par ses huit satellites, dont la circulation incessante autour

du globe central ajoute à la variété des phéuomènes de son ciel.

Voici les noms des huit lunes de Saturne avec leur: dislances au centre de la planète évaluées en lieues, et les durées de leurs révolutions évaluées en jours solairt-s terrestres ;

Distances au

centre de Salume.

Mimas. . .

48 3'i4 Hcuca

Encelade. .

Telhys. . ,

Dione. . . .

Rhea. . . .

Titan. . . .

Hyperion. .

Japet. . . .

Les quatre premiers satellites sont tous plus voisins rfi-

Saturne que la Lune ne l'est de la Terre. Ils le seraient

plus encore, si l'on mesurait leurs distances au point de

la surface le plus rapproclié. Mimas n'est plus guère

alors en moyenne qu'à une distance de 34500 lieues, et

Dione, à Si 600 lieues. Leurs distances à l'arête de l'anneau

extérieur sontplus courtes

encore, et Mimas s'en

rapproche jusqu'à 16000

lieues.

D'autre part, Japet est pivs de dix fois aussi éloigné de Saturne que nous

Fig. gc. —Saturne el les satellites, d'après • ■ ,

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