‹ Le cielChapitre 43 sur 91 · Édition Mérian, p · texte numérisé non relu

Édition Mérian, p

quels seroient les plus étonnés, de nous ou des habitants que la comète jetterait sur notre terre? Quelle figure nous nous trouverions les uns aux autres*. »

Aujourd'hui les astronomes semblent bien revenus de ces craintes. Non-seulement , selon eux, la probabilité du choc est si faible qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter d'un tel événement ; mais encore la masse des comètes parait une si petite fraction de la masse du globe terrestre, que le choc dont il s'agit serait tout à fait insensible.

Cette manière de voir s'appuie sur des considérations et sur des faits qui la rendent très-probable. On a vu en 1770 une comète traverser le monde de Jupiter, sans apporter la plus petite perturbation dans le mouvement des satellites, tandis que l'astre nébuleux en a éprouvé lui-même de si fortes que son orbite entière a été changée.

Mais en serait-il de même de toutes les comètes? A notre avis, il est au moins prudent de ne pas trop généraliser en pareille matière. S'il existe des comètes dont la nébulosité peuraît entièrement gazeuse, et si diaphane que de petites étoiles sont restées visibles au travers de la chevelure, il en est d'autres dont le noyau est sans doute fort dense, puisque leur lumière était assez vive pour être perceptible en plein jour, même dans le voisinage du Soleil. MM. Fave et Roche ont évalué la masse de la comète de Donati à environ la sept-centième partie de la masse de la Terre. « C'est, dit M. Faye, le poids d'une mer de 16 000 lieues carrées de superficie et de 100 mètres de profondeur; et, il faut bien l'avouer, une telle masse, animée d'une vitesse considérable, pourrait bien produire, par son choc avec la Terre, des effets sensibles. »

1. Lettre sur la comète; Œuvres de M. de Mauperiuis, p. «03. Dresde

De la chaleur propre aux comètes et de la nature de la lumière qu'elles émettent, on sait peu de chose encore.

Sans doute, dans le voisinage du Soleil, l'action de la haute température de l'astre radieux ne peut manquer de se faire sentir sur les couches extérieures des noyaux cométaires ; et c'est ainsi qu'on se rend compte de la formation des aigrettes lumineuses qui, se détachant de la masse centrale et refoulées par une force inconnue, vont donner naissance à la queue.

D'autre part, il paraît avéré que la lumière des comètes est, en partie du moins, empruntée au Soleil. Mais a'out-elles pas en outre un éclat qui leur est propre; et, dans cette dernière hypothèse, cet éclat est-il dû à une sorte de phosphorescence ou à l'état d'incandescence du noyau? Certes, si le noyau des comètes est incandescent, la faiblesse de leur masse n'ôterait au danger de leur rencontre avec la Terre qu'un de ses éléments de destruction : la température de l'atmosphère terrestre pourrait être portée à une élévation funeste à l'existence des êtres organisés; et nous n'échapperions au danger d'un choc mécanique que pour courir celui non moins effrayant d'être calcinés en traversant, plusieurs jours durant, une immense fournaise.

Si je m'étends sur ces considérations, d'ailleurs hypothétiques, ce n'est point dans l'intention de raviver des craintes d'un autre âge, ni des terreurs superstitieuses; j'ai voulu montrer seulement à quelles conjectures la science en est encore réduite sur le problème d'ailleurs si intéressant de la constitution physique des comètes.

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