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Cosmos, III, p

Distinction des étoiles doubles en couples optiqnes et en couples physiques. — Caractères de ces derniers groupes. — Mouvements de révolution des composantes des étoiles doubles. — Systèmes de soleils multiples.

Il y a, dans le voisinage de Véga, la plus brillante étoile de la constellation de la Lyre, iine petite étoile dont la forme allongée, reconnaissable à la vue simple, laisse soupçonner la réunion de deux points lumineux. En effet, quand on se sert pour l'examiner, d'une lunette d'une faible puissance, on voit distinctement deux étoiles, sépa* rées l'une de l'autre par un intervalle égal à la neuvième partie environ du diamètre apparent de la Lune*.

Est-ce là ce qu'on nomme, en astronomie, une étoik double? Non, il y a bien, entre cette réunion de deux étoiles et les couples stellaires, une certaine analogie; mais la distance des deux astres est ici beaucoup trop grande, et la dénomination d'étoiles doubles est restreinte à celles dont la distance apparente ne dépasse pas la sixième partie de l'intervalle qu'on vient de citer.

A l'œil nu, ou même dans des lunettes de moyenne force, un couple de cette espèce apparaît comme un sim-

pie point lumineux ; il faut employer, pour distinguer les étoiles qui le composent, des instruments d'une force optique considérable. Or, si Ton applique une puissante lunette de ce genre à l'examen de chacune des deux étoiles de la Lyre dont il vient d'être question plus haut, on trouve que l'une et l'autre sont séparément formées dé deux étoiles, mais si rapprochées, que les intervalles séparant les composantes de chaque couple ne sont plus que la 70® partie de la distance totale des couples eux-mêmes*.

Il y a un siècle, on ne connaissait que vingt groupes de ce genre ; aujourd'hui les observateurs en ont recensé plus de six mille ^. La réunion de deux soleils dans un petit espace de la voûte étoilée est-elle purement fortuite? Ou bien faut -il la considérer comme une liaison réelle des deux astres, formant un véritable système?

Dans la première hypothèse, le rapprochement des deux étoiles serait dû à un effet de perspective ; le rayon visuel qui aboutit à la plus rapprochée des deux, se confondant presque avec celui qui va chercher la seconde à des profondeurs beaucoup plus considérables encore. Dans le second cas, les deux soleils sont à dos distances à peu près égales, et leur rapprochement apparent vient de la petitesse relative de leur distance mutuelle.

De là, cette distinction des étoiles doubles en couples optiques et en couples physiques. Dès le début, quand on vit le nombre des étoiles doubles s'accroître incessamment avec les observations, on comprit qu'il était infiniment probable que des réunions de ce genre n'étaient pas toutes

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