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STRUCTURE DE LTNIVERS VISIBLE

Forme réelle de la couche stellairequi compose la Voie Lactée. — Position du Soleil à rintérieur de cette couche. — Idée générale des dimensions de la grande Nébuleuse.

La Voie Lactée, avons-nous dit, se déroule sur le fond du ciel, à peu près le long d'une circonférence de grand cercle de la sphère étoilée, abstraction faite, bien entendu, des irrégularités de sa forme et des inégalités de largeur qu'elle présente. Néanmoins, elle divise la voûte céleste en deux parties qui n'offrent pas tout à fait la même étendue, la plus petite des deux étant celle qui renferme les Poissons, la Baleine, ou si l'on veut les constellations voisines du point équinoxial du Printemps.

Il résulte évidemment de cette apparence générale que la Voie Lactée entoure de toutes parts le lieu que le Soleil occupe dans l'espace.

Mais quelle est la forme véritable de cette prodigieuse agrégation ; qui, d'après l'évaluation de W. Herschel, évaluation déduite d'un nombre considérable de jauges célestes, ne contient pas moins de 18 millions d'étoiles? La faible largeur de la zone, comparée à ses autres dimensions, fait voir qu'elle est formée par une couche de soleils, distribués en amas irréguliers, et compris entre deux plans à peu près parallèles, qui donnent à l'ensemble la figure d'une meule aplatie et dédoublée sur près de la moitié de sa circonférence,

C'est à peu près au centre de cette gigantesque a^lomération d'étoiles, vers le milieu de l'épaisseur, et près de la région où a lieu la séparation de la zone en deux couches ou lames principales, que se trouve, perdu dans ce tourbillon de mondes, notre petit monde solaire, dont les dimensions nous ont semblé d'abord si grandes, qu'un second aperçu de l'univers stellaire nous a montré comme une étoile du second ou du troisième ordre et qui maintenant se trouve n'être plus qu'un atome dans la poussière lumineuse de la Voie Lactée.

La position du Soleil dans la zone rend compte de Ta^ pect général de tout le firmament, et démontre en outre que toutes les étoiles ça et là disséminées, et en apparence éloignées de la grande nébuleuse, en font vraisemblablement partie.

En effet, quand du point où nous sommes situés, le rayon visuel est dirigé dans le sens de la longueur de la couche stellaire, il rencontre des files pour ainsi dire indéfinies d'étoiles et d'amas d'étoiles, qui donnent à la Voie Lactée sa densité et son éclat maximum. Si, au contraire, Tœil regarde dans des directions de moins en moins inclinées, le rayon visuel traverse des couches de moins en moins épaisses, et la densité doit décroître avec une grande rapi-

dite. ËnSn, dans te seus perpendiculaire à l'épaisseur de la couche, les étoiles doivent paraître dispersées, comme cela a lieu dans les parties du ciel les plus éloignées en apparence de la grande zone nébuleuse! « C'est ainsi, dit J. Herschel, dans ses Outlines of Astronomy, qu'on voit une faible brume répandue dans l'atmospbère en coucbes d'une mince épaisseur, paraître à l'horizon comme un banc nébuleux d'uue densité très-prononcée, par le simple effet de l'accroissement rapide du rayon visuel. »

La figure i7i, qui représente, d'après les vues d'Herschel, une coupe de la Voie Lactée, perpendiculaire à son

Fig, 171. — Coupe géométriiiiie de la Vuic Lactée; position du Soleil dans la lone.

épaisseur et dans le sens du grand diamètre qui passe par le lieu du Soleil, rend l'explication précédente très-aisée à concevoir.

A l'appui de cette conception si rationnelle, nous mentionnerons la décroissance rapide de la richesse en étoiles des régions célestes qui, de la Voie Lactée, vont de part et d'autre jusqu'aux deux pôles du grand cercle que suit la zone nébuleuse.

Les pôles de la Voie Lactée sont situés, le pôle Nord, près de la Chevelure de Bérénice ; le pôle Sud, dans la constellation de la Baleine. Quand, de l'un ou de l'autre de ces points, on s'avance progressivement vers la Voie Lactée,

le nombre moyen des étoiles va en croissant, d'abord trèslentement, puis, à partir du voisinage du plan galactique, avec une très-grande rapidité, de sorte qu'il est environ trente fois plus considérable dans ce plan que dans les régions polaires dont nous parlons ici.

Jusqu'à présent nous n'avons qu'une idée générale de la forme de la Voie Lactée et de la position qu'occupe le Soleil au sein de l'immense nébuleuse. Pour compléter ce qu'on sait de sa structure, il faut y joindre quelques notions sur ses dimensions réelles.

En comparant l'éclat photométrique des étoiles des divers ordres de grandeur, avec Tordre des distances probables, W. Herschel est arrivé aux plus étonnantes considérations sur les dimensions de la Voie Lactée.

Les étoiles visibles à l'œil nu comprennent, on le sait, les six premiers ordres de grandeur. L'illustre astronome * de Slough établit qu'en moyenne celles du sixième ordre, c'est-à-dire les plus petites étoiles visibles à l'œil nu, sont 1 2 fois plus éloignées que les étoiles de première grandeur. Partant de là, et calculant la puissance de pénétration de ses télescopes dans l'espace, il arrive à cette conséquence, qu'il aperçoit dans les profondeurs du ciel des étoiles situées à une distance 2300 fois plus considérable que la distance moyenne des étoiles du premier ordre. Et cependant, Herschel reconnaissait que l'étendue visible de la Voie Lactée, dans certaines de ses régions, ne faisait qu'augmenter avec la puissance des instruments, que même son grand télescope de 40 pieds ne parvenait point aux limites de la nébuleuse, qu'il déclare insondable.

Maintenant, qu'on se rappelle la distance effrayante où nous sommes déjà de l'étoile la plus rapprochée de notre monde, distance telle que la lumière met des années à la franchir ; et l'on arrivera à' ce résultat prodigieux, que la

Voie Lactée, dans la direction des plus lointaines régions accessibles à notre vue, exigerait pour être traversée d'outre en outre par un rayon lumineux, plus de dix mille années. Ainsi, lorsque, mettant l'œil à l'oculaire d'un des grands instruments d'astronomie , nous percevons sur le fond uoir du ciel, les points lumineux les plus faibles, nous recevons sur notre rétine l'impression d'un mouvement ondulatoire, parti, il y a dix mille ans, de la masse incandescente de soleils pareils au nôtre, et laisant comme lui partie du même groupe sidéral.

Évaluant l'épaisseur de la Voie Lactée, d'après sa lÉU-geur apparente, Herschel arrive à ce résultat, que cette épaisseur est environ 80 fois plus grande que la distance des étoîïes de première grandeur. Ainsi, la couche stellaire déborde de beaucoup, dans ce sens, l'étendue de la vue simple. D'ow résulte cette conséquence, déjà énoncée plus haut, que « non-seulement notre Soleil, mais toutes les étoiles que nous pouvons voir à l'œil nu, sont profondément plongés dans la Voie Lactée et en font une portion intégrante*. »

] • Stnive, Êtudts (fastrofiomie stellaire.

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